VIVEN Paul (1881-1915)

avocats

Viven photo
Viven lettre au Batonnier
Viven lettre sergent Charpentier 
Viven Cimetière

Tout prédestinait Paul Viven à devenir avocat lorsqu'il naquit, le 7 juin 1881, à Carcassonne. En effet, son père Emile Constant qui a été, par deux fois, Bâtonnier de Carcassonne était connu de Bordeaux à Nice.

C'est donc tout naturellement qu'il fit des études de droit à Montpellier où il s'inscrivit au stage au sein du barreau de cette ville.

Mais, en 1906, Paul Viven quitte Montpellier pour faire carrière à Paris où il est inscrit au tableau le 30 octobre 1906.

Juste arrivé au Palais, il décide de se présenter au concours de la conférence du Stage où, son accent méridional et ses tournures un peu provinces, lui assurèrent un échec retentissant puisque le Bâtonnier d'alors lui conseilla même de quitter la profession.

Paul Viven eu l'intelligence de ne pas suivre ce conseil et s'acharna, une année durant, à atténuer son accent et à apprendre les codes de la conférence Parisienne. Bien lui en a pris puisqu'il fut élu troisième secrétaire de la conférence 1908-1909.

Cette expérience d'une forme de sectarisme du barreau parisien l’ayant enrichi, il s'appliqua à repérer et à aider les jeunes confrères, dont il percevait qu'ils n'avaient pas intégrer les usages leur permettant de réussir au barreau de Paris, de les former et de les aider soit à préparer la conférence, soit à trouver des patrons, bref à s'épanouir dans cette profession.

Affable, il aimait être entouré, recevoir, se mettre au piano, chanter des opérettes, jouer au bridge et même au poker.

Dans le même temps, Paul Viven rencontrait un réel succès professionnel en matière, comme on le disait à l'époque, criminelle.

À compter de 1910 et jusqu'à la mobilisation, Paul Viven a plaidé aux assises, en correctionnelle à Paris, en Province, défendant les assassins, les voleurs, les escrocs et même les faux-monnayeurs.

La presse qu'elle soit nationale, parisienne ou provinciale, s'est faite, dans des dizaines d'articles, l'écho de son talent à la fois de plaideur, mais aussi de stratège. En effet, la presse judiciaire relève son habilité à interroger les témoins, la vivacité de ses interventions, la rigueur dans la préparation des dossiers et sa maîtrise oratoire.

Jusqu’à l’été 1914, il plaidera sans relâche, seul ou à côté de ses confrères au rang desquels Campinchi ou Moro-Giafferri.

La déclaration de guerre mettra un terme à cette ascension, car bien que réformé en 1902, pour une déviation de la colonne vertébrale, il se présentera à la Commission de réforme à Marseille, le 21 août 1914.

Versé dans le service, il va intégrer, le 30 août, le 143ème Régiment d'infanterie comme soldat deuxième classe affecté à l'instruction. Après avoir accompagné pendant les premiers jours de la guerre de jeunes recrues, il refusera de les quitter et demandera son affectation définitive au 143è.

Sa verve, sa faconde, sa chaleur mais surtout son courage, lui attireront l'estime de ses hommes et de son commandement.

C'est ainsi qu’il fut promu Caporal dès le 18 septembre 1914, Sergent le 26 septembre, Sergent-Chef  le 7 octobre, Aspirant le 20 décembre 1914 et enfin Sous-lieutenant le 26 mars 1915.

Toujours aussi actif, il profite des temps de repos pour écrire, sans relâche des lettres mais aussi des articles pour la presse méridionale, notamment « Les fleurs du retour ».

Bien que souffrant, des rhumatismes l'empêchent de marcher, on doit alors le porter dans les tranchées, il va participer avec le 143ème au combat en Champagne, autour des secteurs du Bois Sabot ou du Mesnil-lès-Hurlus.

Ces zones de combat furent particulièrement éprouvantes, les soldats n'étant relevés que tous les six jours pour un repos de trois jours à quelques mètres des lignes dans les bois, en se protégeant du froid et de la pluie avec des branchages.

Les tranchées françaises étaient si proches des tranchées allemandes que les cadavres des soldats ne pouvaient être que très sommairement enterrés, les éclats des obus projetant sur les vivants les débris des corps de leurs compagnons tombés quelques jours plus tôt au combat.

Dans l'angoisse, ils entendaient les Allemands qui creusaient des tunnels pour poser des mines sous les tranchées. C'est très exactement ce qui est arrivé le 9 juin 1915, à 7h30, Paul Viven se porte à la tête de sa section vers un "entonnoir" qui venait de se former après une explosion d'une mine et qu'il devait occuper au plus vite. Il sera dans un premier temps blessé au bras, puis poursuivant l’assaut avec ses hommes, il sera atteint par un deuxième éclat d'obus à l’aine qui lui fut fatal.

Il sera enterré au cimetière de Somme-Suippe, là même où son confrère Eugène Nolent sera inhumé à ses côtés en février 1916.

Son corps fut le premier parmi ses confères décédés à être ramené du front . Il fut inhumé au cimetière Monparnasse en mai 1921. C'est le Bâtonnier Menessonqui prononca un discours à l'occasion de ses obsèques.

Il avait 34 ans et laissait une mère, une femme et deux jeunes enfants.

Compte tenu de sa réelle notoriété  la presse s'est faite l'écho de ce décès rappelant son jeune âge et son talent brisé en pleine ascension.

A titre posthume, il lui fut décerné, le 31 mars 1920, la Légion d'honneur et la Croix de guerre.

Citations et décorations :

  • Cité à l'Ordre de l'Armée :
    « Est tombé glorieusement, le 9 juin 1915, devant Mesnil-les-Hurlus, en pénétrant, à la tête de sa troupe électrisée par son exemple, dans l'entonnoir causé par l'explosion d'une mine allemande. A été cité. » Journal Officiel du 14 août 1920.
  • Chevalier de la Légion d'honneur et Croix de guerre à titre posthume (31 mars 1920) :
    « Mort pour la France. Excellent officier brave et énergique, adoré de ses hommes, a été tué en entraînant sa section à l'assaut. Grièvement blessé, n'a cessé d'exhorter ses hommes et les pousser en avant. Croix de guerre avec palmes.

    Viven lettre avocat Montpellier

  • Portrait de Paul, Georges, Gaston, Frédéric Viven
  • Lettre de Paul Viven au Bâtonnier (3 février 1915)
  • Lettre du sergent Charpentier au Bâtonnier (10 juin 1915)
  • Lettre de Me Desplatz au Bâtonnier (12 juin 1915)
  • Photo de sa tombe au  cimetière  de Somme-Suippe
 
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