BRICOGNE René (1887-1917)

avocats

Bricogne portrait Bricogne lettre au batonnier 28 aot 1917  Bricogne lettre de la mre au batonnier 27 juin 1917   Bricogne citation signe Petain 1916
 
L’histoire familiale ne prédestinait pas René Bricogne à devenir avocat.
Il naît le 20 février 1887 à Paris où sa famille était implantée de longue date. En effet, son aïeul Athanase-Jean Bricogne, édile du 6ème arrondissement, fût le doyen des maires de Paris sous le Premier Empire. Son père, centralien, était ingénieur, il avait suivi en cela l’exemple de son propre père, Charles-Urbain, qui a laissé aux Chemins de Fer le souvenir d’un inventeur créatif à qui l’on doit le frein Bricogne, de manière plus anecdotique la machine à battre les tapis mais aussi le signal d’alarme pour les passagers des chemins de fer.
Ce célèbre grand-père était préoccupé, tout comme le sera René Bricogne, par le soin des autres, en l’espèce des ouvriers des Chemins de Fer puisque c’est lui qui, non seulement conçut un masque anti-poussière, mais aussi créa une école d’apprentis pour les enfants des ouvriers des Chemins de Fer. Par sa mère, mais aussi sa grand-mère, René Bricogne est apparenté à deux familles d’agents de change qui, tout naturellement, investirent dans le développement des chemins de fer. René Bricogne qui ne choisit ni de faire Centrale ni de reprendre une charge familiale, fit une licence de droit et s’inscrivit au stage le 24 novembre 1911.
A la déclaration de guerre, il est mobilisé en Mayenne au sein du 330ème Régiment d’Infanterie qui venait d’être créé. Il connut le baptême du feu le 24 août 1914 aux côtés de son confrère Robert Lévy-Fleur qui fut tué ce jour-là.
Dès le début de la guerre le 330ème participa à de violents combats dans lesquels René Bricogne prend largement sa part au point qu'en septembre 1914, il est promu Lieutenant.
En octobre, ils sont sur la Crête des Eparges où à la tête de sa section il sera, pour la première fois, blessé : « plaie au mamelon droit » précise sa fiche matricule. Guéri, René Bricogne montrera avec courage l’attachement qu’il porte à ses hommes. En effet, le 28 juillet 1915, sous un bombardement intensif, alors qu’il est à la tête de sa section, au mépris du danger, il se porte au secours d’un de ses hommes grièvement blessé, et en lui faisant donner les premiers soins, lui sauve la vie. Puis en 1916, c’est Verdun où il s’illustrera à nouveau en tenant, du 26 février au 3 mars 1916, en tenant des positions difficiles sous des bombardements violents.
Le 1er juin 1917, le 330ème Régiment d’Infanterie est déployé dans la région des Monts, plus particulièrement à l’ouest du Mont Cornillet. Sur tout le front, les bombardements sont intenses car les Allemands envoient 25 obus par minute, soit 1500 par heure. Le 7 juin 1917, René Bricogne à la tête de la 22ème Compagnie mène une reconnaissance au cours de laquelle un certain nombre de ses hommes sont blessés, à nouveau. Alors que les avions mitraillent les premières lignes et que les obus tombent de toute part, il va se porter au secours de ceux de ses hommes qui sont blessés. Il sera à son tour grièvement atteint, transporté dans un premier temps sur les lignes arrière, dirigé sur l’hôpital de Châlons-sur-Marne, puis sur celui du Lycée Lacanal à Sceaux. Il sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur.
En août 1917, dans une lettre au Bâtonnier, il dit à la fois son espoir et ses souffrances, il pense que sa blessure au dos est en bonne voie de guérison, mais ne peut s’empêcher de dire à quel point elle le fait souffrir. René Bricogne ne se remettra jamais de ses blessures et décédera à Sceaux, le 13 octobre 1917.
Il sera inhumé au Père Lachaise avec son grand-père. Son petit cousin, le capitaine Charles Bricogne, Compagnon de la Libération n’aura pas ce privilège puisqu’il disparut, corps et bien, lors d’un assaut, le 11 juin 1942, dernier jour de la Bataille de Bir Hakeim.

Citations et décorations :

  • 1ere citation Ordre du Jour du corps d’armée (extrait de l’Ordre général n°3 du 18 août 1915) :
    • « promu officier pour sa belle conduite en septembre 1914 – gravement blessé à la tête de sa section le 27 octobre suivant. Revenu sitôt guéri, a donné une nouvelle preuve de sa valeur en se portant au cours d’un bombardement le 28 juillet 1915 au secours d’un homme blessé, et en lui faisant appliquer sous le feu de l’ennemi, un premier pansement qui lui a sauvé la vie ».
  • 2e citation Ordre du Jour du corps d’armée :
    • « Excellent officier, très brave : s’est fait remarquer par son courage au cours des bombardements et des combats du 26 février au 3 mars 1916 ; a tenu une position difficile, avec des éléments de compagnies différentes, sous un bombardement excessivement violent ».
  • 3e citation Ordre du Jour du corps d’armée :
    • « Officier d’une bravoure et d’une énergie peu communes. Le 7 juin 1917, au cours d’une reconnaissance en première ligne, s’est porté malgré un violent bombardement, au-devant blessés de sa compagnie, qu’une rafale venait d’atteindre, et a été très grièvement blessé pour la deuxième fois. Déjà cité deux fois. Cette citation lui a été remise après la terrible blessure qui l’a emporté en même temps que la Légion d’honneur.
  • Chevalier de la Légion d'Honneur (08/06/1917) – Le 6 juillet 1917, Ordre 5191 "D". En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la Circulaire Ministérielle du 8 août 1914, le Général Commandant en chef a fait dans l’Ordre de la Légion d’Honneur la nomination suivante : «Chevalier, à la date du 8 juin 1917, M. BRICOGNE Charles, Marie, René, Lieutenant de Réserve au 330e R.I. «Officier d’une bravoure et d’une énergie peu communes ».
  • Croix de guerre avec étoile de vermeil.
  • Lettre de René Bricogne au Bâtonnier 10 janvier 1916.
  • Lettre de René Bricogne au Bâtonnier 7 avril 1916 au sujet de sa citation.
  • Lettre de Mme Bricogne mère au Bâtonnier, 27 juin 1917.
  • Lettre de René Bricogne au Bâtonnier 28 août 1917.
  • Lettre Marie Madeleine Bricogne (sa sœur) au Bâtonnier, 13 octobre 1917.
  • Lettre Marie Madeleine Bricogne (sa sœur) au Bâtonnier, 22 octobre 1917.
 
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