PATEY René (1879-1916)

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Patey Lettre de M. Ferté
Patey Lettre de M. Ferté 
René Patey naît le 12 juillet 1879 à Sens (Yonne). Il est le fils de Modeste Ambroise Patey, avoué, et de Marie Anastasie Claire Genevoix. Il a une soeur aînée, Marie-Alice née en 1876.
Recruté à Sens sous le matricule 77, René Patey s’engage pour trois ans le 11 novembre 1899 comme volontaire. Il sera en réalité renvoyé dans la disponibilité le 23 septembre 1900 en ayant obtenu son certificat de bonne conduite.
Docteur en droit, il est admis au stage le 24 octobre 1900 puis inscrit au tableau le 24 octobre 1902.
Il passe dans la réserve de l’armée d’active le 11 novembre 1902 et nommé caporal de réserve pas ordre du 15 novembre de la même année. Le 19 décembre 1902, René Patey écrit d’ailleurs, la lettre suivante à Monsieur le Bâtonnier : « Sentant la nécessité, avant de rentrer définitivement au barreau, de faire encore de la procédure, je viens vous prier de bien vouloir m’accorder une seconde suspension de mon stage pour passer encore un an chez l’avoué… » Il travaillera en tant que clerc chez Maître Martin, avoué.
Le 17 décembre 1903, il obtient le diplôme de docteur en droit ce qui lui permet d’être dispensé des deuxième et troisième années de service actif.
Le 22 mai 1906, René Patey s’unit en la mairie du 2ème arrondissement de Paris à Andrée Ferté (1886-1970), fille de Jules Ferté, avoué du barreau de Paris. Le mariage religieux aura lieu en l’église de la Madeleine. René Patey aura pour témoin son oncle et Paul Cresson, avocat. De cette union naitra un fils, Jacques. Il deviendra avocat près la Cour d’appel de Paris et inscrit au barreau de Londres ; c’est lui qui écrira au Bâtonnier en 1928 afin de lui faire parvenir « les renseignements et photographies destinés à l’inscription de (son) père sur le Livre d’Or des avocats du Barreau de Paris ».
A la mobilisation, René Patey rejoint le 289ème régiment d’infanterie, au grade de Sergent. Il prend soin de rédiger son testament avant son départ (testament olographe daté du 31 juillet 1914). Il y prévoit notamment les mesures à prendre vis à vis de ses clients et des dossiers en cours.
Son courage et son abnégation au service de ses camarades seront reconnus par tous.
Il sera tué le 16 mars 1916, à la Ville-aux-Bois (Aisne) d’une balle à la tête.
Les circonstances de sa mort semblent avoir été les suivantes : « Le régiment auquel appartenait le sergent Patey, était aux tranchées depuis 17 jours dans son secteur, au sud de la Ville-aux-Bois. Le jeudi 16 mars 1916, vers 10 heures du soir, à des petits postes de ce régiment, tenu par une fraction de la 22ème compagnie dont faisait partie le sergent Patey fut cerné et attaqué. La demie section qu'il commandait était soutien de ce petit poste. N'écoutant que son courage et donnant rapidement l'alarme à ses hommes, il s’élança le premier dans la tranchée, et tomba presque aussitôt, frappé mortellement par une balle tirée à bout portant. Son corps, resté entre les lignes, a été retrouvé leur de l’avance du 25 avril et ramené par ses camarades au cimetière militaire de Pontavert (Aisne). (fiche de renseignement ODAP)
Le 23 mars 1916, Maitre Ferté, son beau-père écrit : « Mon cher Bâtonnier, rentrant à la maison, j'apprends que René Patey, notre confrère, mon gendre, est tombé à la Ville-aux-Bois frappe d’une balle dans la tête. Son corps est aux mains des Allemands. Un collègue et ami, sergent de la compagnie l’a vu couché dans la tranchée et je ne puis hélas partager le faible espoir auquel ma fille se rattache. Une citation à l’ordre du Régiment avait déjà consacré sa bravoure. C’est en se portant spontanément au secours du poste voisin qu’il aurait trouvé la mort glorieuse. Il sera sans doute cité à l’ordre de l’armée. Je vous écris le cœur brisé après avoir dû apprendre à ma fille la terrible nouvelle. Bien tristement vôtre. J Ferté ».
Jules Ferté écrira encore la 30 mars 1916 : « Monsieur le Bâtonnier, le Conseil de l'Ordre dont vous êtes le grand en même temps que l’affectueux interprète a rendu à René Patey l’hommage du à sa droiture, à la fermeté de son caractère et à cette conscience scrupuleuse qui estimait que faire son devoir ce n'était pas assez aux heures tragiques que nous vivons. C'est en faisant plus que le devoir qu’il a réclamé des postes dangereux, ceux où l’on sait que la mort vous guette. Après avoir échappé miraculeusement en Argonne, en Artois, c’est dans ce terrible secteur de Berry au Bac où reposent tous ses bons camarades du palais qu’il est mort foudroyé. Nous l’aimions tendrement comme il nous aimait. J’espère qu’une citation à l’ordre de l’Armée, suivant celle qu’il avait déjà reçu viendra glorifier sa mémoire et celle du barreau, dont il avait le culte et les belles traditions… ».

Citations et décorations :

  • Cité à l’ordre du 289ème régiment d’infanterie, le 15 octobre 1915 :

    « Energique est brave, s'est présenté spontanément pour chercher, en avant de nos lignes sous le feu de l'ennemi, en plein jour, les blessés qui réclamaient du secours. »

  • Cité à l'ordre du 37ème corps d'armée :

    « Brave et excellent sous-officier, déjà cité à l'Ordre du régiment, a été tué, le 16 mars 1916, alors qu'il se portait en tête de sa demie- section, au secours d'un poste attaqué violemment par l’ennemi, dont la progression a été arrêtée. »

  • Médaille militaire à titre posthume

    « Brave et excellent sous-officier, déjà cité à l'Ordre du régiment, a été tué, le 16 mars 1916, alors qu'il se portait au secours d'un poste attaqué par l’ennemi, dont la progression a été arrêtée. A été cité. »

  • Portrait Marie René Patey
  • Lettre de René Patey au Bâtonnier(19 décembre 1902)
  • Lettre de Me Ferté beau-père de René Patey ( 30 mars 1916)

Paris 07 - Plaque commémorative, basilique Sainte-Clotilde 
Paris 07 - Carrousel de plaques 
Sens - Monument aux Morts cantonal de l'arrondissement 
Villiers-Vineux - Monument aux Morts 

 
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