LAVOLLÉE Charles (1882-1914)

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Lavollee lettre du cousin
 
Charles Lavollée appartient à cette génération qui a vécu par procuration la défaite de Sedan, étant né plus de 10 ans après. Il s’est repu de lecture sur le sujet et est devenu un spécialiste de ces évènements qui le hantent – il visite des champs de bataille – et nourrissent sa fibre patriotique et sa haine des Allemands.
En 1914, l’imminence de la guerre avec le voisin détesté est presque un soulagement. Il ne doute pas d’une victoire rapide qui permettra de panser enfin la défaite de 1870.
Charles, Edmée, Joseph Lavollée est né le 20 juillet 1882 à Paris 7ème. Il est le fils de Georges Lavollée, ingénieur des Ponts et Chaussées, et de Marie-Louise Drouard. Et, il est surtout le petit-fils de Charles-Hubert Lavollée, Préfet, spécialiste de l’Asie et de la Chine sur laquelle ce dernier a écrit des articles qui font autorité à l’époque. Ce grand-père, auteur prolixe de la Revue des Deux Mondes, critique et auteur de portraits littéraires, lui a donné son prénom et le désir de s’illustrer.
Charles Lavollée choisit le droit. Il fera une thèse de doctorat. Il prête serment le 20 octobre 1904 et devient le collaborateur de Lucien Baudelot. Il le restera jusqu’à son engagement en 1914. Baudelot, très attaché à ce collaborateur, lui rendra hommage en écrivant une notice pour la revue des Anciens Combattants du Palais.
Les semaines précédant la mobilisation le trouvent à Reims où il s’entraîne dans un camp d’athlètes. Il est enrôlé avec le grade d’adjudant, dans le 224ème R.I. et rejoint Bernay le 4 août. Il ne cherche pas à devenir officier immédiatement, comme ses diplômes le lui permettraient : il veut partager la vie des hommes sur le terrain. Déconvenue lors de son arrivée à Bernay : il a 32 ans et est affecté dans une unité territoriale qui n’est pas destinée au front. Il convainc un camarade qu’il s’agit d’une erreur, qu’il a 10 ans de moins et les deux permutent. Il sera des premiers combats. Il est impatient de partir et d’affronter l’ennemi. Ses lettres montrent un optimisme et une gaité surprenante. Il goûte fort la vie collective de l’armée.
Le 9 août, son régiment, le 224ème R.I. est prêt et est envoyé dans la région d’Etréaupont. Le 23 août, il est à la frontière, cantonné dans la ferme de La Jonqueuse près de Guise. Bien qu’il n’ait pas encore été engagé, son bataillon reçoit l’ordre de se replier. Il combat durement et il défend pied à pied le terrain, infligeant des pertes sévères aux armées allemandes. Cette bataille, appelée « Bataille de Guise », connaît son acmé le 29 août et elle est décisive dans la réussite de la Bataille de la Marne. Elle donne un coût d’arrêt à l’invasion allemande et permet aux armées alliées de s’organiser. Charles Lavollée est aux côtés de ses hommes. Il partage l’épuisement, la privation de sommeil.
Au petit matin du 29 août, son bataillon, toujours cantonné à la ferme de La Jonqueuse, est surpris par des forces allemandes en grand nombre. Nouvel ordre de repli est reçu et les soldats français défendent chèrement chaque pouce de terrain. Une balle allemande le frappe en pleine poitrine. Il s’effondre sans que ses camarades puissent lui porter attention, les ennemis exerçant une pression qui les force à reculer. Comme une vague de boue, les troupes allemandes engloutissent le corps des soldats tombés au combat.
La dépouille de Charles Lavollée est recouverte par l’avancée de la coulée allemande. Son corps ne sera jamais retrouvé.
Ses parents, dans l’ignorance de son sort, vont espérer pendant toute la guerre que leur fils unique a survécu. Peine perdue. Aucun signe, aucune nouvelle ne parviendra après la victoire. Charles Lavollée avait rêvé de participer à la guerre : « je mourrai en bon français d’abord, en bon chrétien ensuite. Je serai heureux d’avoir donné ma vie pour le pays… Un pressentiment me dit que je serai tué… que mes amis, pères de famille s’en tirent, c’est là mon plus grand espoir ; si quelqu’un doit y rester, que ce soit moi : au moins, je ne laisserai personne derrière moi, sinon mes parents. Je leur demande avec insistance de se consoler en pensant que je suis heureux de mourir proprement. Je termine en vous disant un grand adieu. Je crois fermement que nous nous retrouverons là-haut, car j’aurai, je le sens, beaucoup de courage, froidet sans témérité. Et maintenant, avec sang-froid, calme, plaisir même, je vais où mon devoir m’appelle. Ne me plaignez pas, car je pars avec résolution et marche à la bataille sans regret, même si la mort m’y attend ».
Marie-Alice Jourde.

Citation et décorations :

  • Médaille militaire et Croix de guerre avec étoile de bronze à titre posthume :

    « Adjudant chef de section brave et énergique. Mort glorieusement pour la France, le 28 août 1014, à la ferme de La Jonqueuse».

  • Portrait de Charles Lavollée
  • Lettre du 10 mars 1919 au bâtonnier du cousin de Charles Lavollée
  • a href="/images/14-18/avocats/l/Lavollée_noticeAC.pdf"""Notice de Lucien Baudelot, lue par Paul Carteron, Livre d’Or - Groupe des anciens Combattants du Palais - Tome 1 (1930)

 

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