MONTÉZUMA Gaston (1881-1915)

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Montezuma photo
Montezuma parcoursmilitaire
Montezuma lettre de son père
Montezuma Lettre de son épouse
Gaston Montezuma est le deuxième Gaston Montezuma. Né le 18 mars 1881 à Rocroy, dans les Ardennes, il est baptisé du même prénom que son frère aîné, né en 1879 et mort la même année. C’est aussi dans les Ardennes qu’il périra tragiquement 34 ans plus tard.
Entre ces deux dates, sa vie se déroulera entre Le Vésinet, où il réside, Paris, où il exerce sa profession d’avocat, et la Haute-Marne où il a ses attaches familiales. Son grand-père, Victor, était coutelier à Cerisières, dans la Haute-Marne. Son père, Eugène Hormidas Montezuma, est officier d’administration dans les services de santé de l’Armée. En 1912, il sera distingué par la Légion d’honneur. Déjà, une belle ascension sociale se dessine que Gaston poursuivra sans l’achever, empêché par la guerre. Le père est dans l’armée, le fils unique y débute sa carrière.
En octobre 1901, Gaston intégre Saint-Cyr dans la promotion de la Légion d’honneur. Le 1er octobre 1903, il est nommé sous-lieutenant et rejoint l’école d’application de Saumur. Il est intégré au 6ème régiment de Cuirassiers (cavalerie militaire). Il en démissionne en 1907 pour entreprendre une licence de droit.
En octobre 1904, il a épousé Louise Gény de Flammerécourt à Bar-sur-Aube, dans la Haute-Marne. Ce mariage conforte la situation sociale du lieutenant Montezuma, dont la prestance dans l’uniforme de cavalier et la moustache altière ont dû séduire. Sa femme est, comme sa propre famille, originaire de cette partie de la Haute-Marne. Sa famille y possèdait le château situé aux abords du village de Flammerécourt et, comme beaucoup de familles bourgeoises, s’est adjugée une particule et le nom de la commune. Cette implantation terrienne explique peut-être que Gaston Montezuma ait été Chevalier du Mérite agricole et officier de l’Instruction publique, comme l’indique une note dans le dossier de l’Ordre. Il est également membre de la Société zoologique de France et du Touring Club de France.
En 1909, Gaston obtient sa licence et s’inscrit au tableau de l’Ordre le 27 juillet 1909. Diplômé de sciences pénales, il travaille au cabinet de Maître Maurice Cazavau.
Le 2 août 1914, il est parmi les premiers mobilisés et rejoint aussitôt le 13ème Régiment d’Artillerie de Campagne qui se forme à Vincennes. L’artillerie est l’arme noble, prestigieuse, même si l’infanterie est encore considérée, en 1914, comme l’arme essentielle. Son régiment est déployé dans la Meuse et il est affecté dans les services autonomes. Le 6 janvier 1915, il est promu capitaine et nommé 2ème adjoint au Directeur du 4ème Groupe de convois automobiles, poste de responsabilité car tous les transports – d’hommes, de matériel, de munitions et de ravitaillement – se font par automobiles. Camions, tracteurs, camionnettes, voitures et même autobus sont réquisitionnés pour remplacer les chevaux dont l’emploi était généralisé au début de la guerre. La rapidité de l’approvisionnement est la clé de la guerre.
Le 12 août 1915, le capitaine Gaston Montezuma devient observateur affecté à l’Escadrille 23. Sans doute a t-il mesuré l’importance des missions de reconnaissance aérienne à travers son travail sur le terrain … En 1915, l’état-major commence à prendre conscience que l’aviation n’est pas auxiliaire et qu’elle doit être plus qu’un simple outil de reconnaissance et de réglage de tirs. Son caractère offensif sera utilisé en 1916 et elle sera cruciale dans la Bataille de Verdun. En 1915, les escadrilles sont équipées de Nieuport 10, puis 11, « coucous » assez fragiles où la tête et les épaules du pilote et de l’observateur dépassent à l’air libre et sont vulnérables. Les équipages s’affrontent d’ailleurs d’un avion à l’autre, révolver et carabine à la main. Gaston Montezuma fait équipe avec le capitaine Maurice Schlumberger, qui est le pilote. L’équipage se livre avant tout à de dangereuses missions de reconnaissance derrière les lignes ennemies pour observer les mouvements de troupe, assurer la surveillance des champs de bataille et aider ainsi, par les informations recueillies, à la stratégie.
Le 22 novembre 1915, alors qu’ils reviennent d’une mission de reconnaissance et survolent Auré, dans les Ardennes, leur avion est attaqué par 2 Fokkers allemands. Le Fokker est un monoplace muni d’une mitrailleuse à l’avant. Les deux Français ne peuvent rien faire. Maurice Schlumberger est atteint de deux balles dans la tête. Tombe t-il hors de l’appareil comme il est mentionné dans le dossier de l’Ordre ? En tous cas, Gaston ne peut prendre le contrôle de l’avion qui s’écrase en zone envahie par l’ennemi. Quel qu’ait été son état, il est immédiatement abattu par les troupes allemandes au sol. Sa dépouille repose au cimetière d’Auré, dans les Ardennes qui l’avaient vu naître.

Citations et décorations :

  • Chevalier de la Légion d’honneur et Croix de guerre à titre posthume
  • Portrait de Gaston Alexandre Joseph Montezuma

  • Note manuscrite sur le parcours militaire de Gaston Montézuma

  • Lettre de Monsieur Montézuma père au Bâtonnier (24 octobre 1917)

  • Lettre de son épouse, Madame Louise Montézuma (13 février 1928)

L’histoire de l’escadrille 23
Plaques commémoratives de Gaston Montézuma et Maurice Schlumberger
 
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