GOUY Jean (1886-1915)

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Son cousin Frédéric Gouy, tué dans le combat de Beaumont d’Argonne, le 27 août 1914, disait de lui qu’il était « (…) vif, charmant et même léger plus que de raison… ».
C’est en terre d’Ardèche que naquit à Vogué, le 9 juillet 1886, Jean Gouy. Il reçut une solide éducation catholique au sein du petit séminaire d’Aubenas, puis de l’Institution de Sainte Marie de Saint-Chamond.
En juin 1905, il rejoint l’Université de Droit à Lyon. Mais, ayant, comme il l’écrivait : « (…) une de frénésie de lecture », il se destine au journalisme. C’est dans ces conditions qu’il rencontrera Charles Maurras, dont il deviendra un disciple.
N’ayant réussi à trouver, ni à Lyon, ni à Paris, un poste de journaliste, il quittera la métropole pour le Gabon. Pendant deux ans, en 1911 et 1912, il sera l’agent commercial d’une grande société africaine dans le Haut-Ogooué, riche région minière. En mai 1912, son frère Paul, chef d’exploitation minière en Algérie, est assassiné. Très choqué par cette tragédie, il quittera l’Afrique pour regagner la métropole où il finira enfin sa licence de droit.
Il s’inscrira alors, en octobre 1912, au Barreau d’Alès où il œuvrera pendant un an, jusqu’en octobre 1913.En effet, le 15 octobre 1913, il est admis au Tableau du Barreau de Paris où il exercera rue Chaptal. Dans le même temps, toujours épris d’écriture, il collaborera à Paris-Journal en qualité de chroniqueur judiciaire.
En août 1914, à la déclaration de guerre, il est mobilisé, comme simple soldat, au 46ème bataillon des Chasseurs Alpins qui vient d’être créé. Au sein de ce régiment composé exclusivement d’Ardéchois et de Gardois, il gagnera ses galons de sergent. En juin 1915, il participe activement à la bataille des Vosges, dont l’objectif est de reprendre le sommet de Braunkopf, puis le village de Metzeral. L’assaut commencera le 15 juin à 5 heures du soir, toute la nuit, Jean Gouy et ses compagnons de misère supporteront le déluge de feu de la résistance allemande.
Le 16, vers 1 heure de l’après-midi, Jean Gouy fut blessé une première fois, mais, refusant d’être pansé, il repartit à l’attaque. C’est au cours de ce second assaut qu’il reçut une balle en pleine tête.
Son ami d’enfance, l’abbé Gustave Lapierre, infirmier mais aussi aumônier, lui donnera les derniers sacrements.
Toutefois, évacué sur l’hôpital de Gérardmer, il fut trépané avant d’être dirigé vers l’hôpital d’Epinal. Malheureusement, il ne résistera pas à la seconde opération rendue nécessaire par son état, c’est le 13 juillet 1915, alors qu’il venait tout juste d’avoir 29 ans, qu’il décéda dans les bras de sa mère.
Il avait rejoint dans la mort ses cousins Frédéric et Georges Gouy, tués tous deux onze mois plus tôt.
Enterré à Epinal, son nom est porté sur le monument aux morts du village de Vogué en Ardèche.
Marie-Alice Jourde

Citations et décorations :

  • Cité à l’Ordre de la Brigade le 15 juillet 1915 :

« Sous-officier ayant beaucoup de courage et de sang-froid, blessé grièvement en reconnaissant, sous le feu d’une mitrailleuse, le cheminement de sa demi-section ».

  • Médaille militaire à titre posthume (13 août 1920, Journal officiel du 23 mai 1921) :

« Brave sergent mort pour la France, le 13 juillet 1915, des suites de glorieuses blessures reçues au feu. Croix de guerre avec étoile de bronze ».

  • Lettre de son père au bâtonnier le 16 octobre 1915.
 
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