Né le 9 juin 1892 à Lamothe Landéron (Gironde), Jacques est le frère de Georges Chaigne, avocat parisien mort pour la France en avril 1915. Georges et Jacques ont grandi dans une famille aisée, leur grand-père était instituteur, leur père magistrat puis avocat et député de Gironde.
Sur les traces de son père et de son frère, Jacques étudie le droit et obtient sa licence en juillet 1912. Il part dès lors effectuer son service militaire. Cet homme de taille moyenne, aux cheveux châtains est mobilisé tout comme son frère Georges en 1914. Il arrive au corps le 11 août 1914 comme soldat de 2e classe. En raison de problèmes de santé, il intègre le service auxiliaire puis muté à la 18e section d’infirmiers le 21 janvier 1916 et maintenu dans le service auxiliaire durant toute la guerre car déclaré « inapte définitif ». Mais il obtient d’être versé à la section de mitrailleuses que commande son frère. Il sera à ses côtés lors de son décès. Démobilisé le 19 septembre 1919, le sergent Jacques Chaigne reste néanmoins affecté dans la réserve.
Jacques poursuit la carrière familiale, professionnelle et politique.
En effet, il s’inscrit au stage pour devenir avocat le 30 juin 1920, à l’âge de 28 ans, et rejoint le cabinet du ministre des Finances, Paul Doumer, en même temps que son confrère Lucien Cosnard. Il sera admis au tableau le 19 janvier 1923.
La politique le passionne. Sous l’étiquette du parti républicain radical, il est élu maire de Lamothe puis conseiller général, mais il échouera six fois aux élections législatives de Gironde, dont celle de 1936 contre son confrère René William Thorp.
1939. Jacques est rappelé à la mobilisation générale le 1er septembre et arrive au corps le 9 ; il est affecté comme gérant d’annexe à l’hôpital Grand Hôtel de Royan. Il devait être libéré en mai 1940 mais a demandé à être maintenu sous les drapeaux, ce qui lui a été accordé. Il est entré à l’hôtel Océanic, transformé en hôpital militaire, le 30 mai 1940. Il avait sollicité en avril 1940 son admission dans le personnel des assimilés spéciaux du Service de la Justice militaire, vraisemblablement sans succès.
Le sergent-chef Jean Jacques Chaigne, de la 18e S.I.M au bloc hospitalier « Océanic » à Saint Georges de Didonne (Charente inférieure) est décédé le 27 juin 1940 d’une myocardite anémie. Il est déclaré mort pour la France, en vertu de l’article 1er de la loi du 28 février 1922, modifiant la loi du 2 juillet 1915 relative aux actes de décès des militaires et civils « morts pour la France », incluant les personnels médicaux ayant succombé à des maladies contractées au cours de soins donnés aux malades ou aux blessés de l’armée.
Sa mère informera le bâtonnier, qui n’en avait pas été avisé, du décès de son fils, le 12 janvier 1941.
Georges et Jacques, deux frères, deux guerres, deux avocats, morts pour la Patrie.
Pas de décoration connue.
Dossier administratif de Jacques Chaigne.
Archives Historiques de la Défense :
Caen :
Jacques Chaigne : 21 P 41041.
Archives départementales de Gironde :
Gallica / Retronews :
Le Monde illustré, 29 janvier 1921.
Décès : La Petite Gironde, 24 juillet 1940.
Aline Hamel-Martinet, Biographie de Georges Chaigne

