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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

Tél : 01 44 32 47 48

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

Boisguerin photo
Boisguerin lettre au Batonnier
Boisguerin Télégramme à son épouse
Boisguerin lettreduColonel
Alexandre Drodro Boisguérin naît le 8 janvier 1879 à Galatz en Roumanie oú son père, Alexandre, est entrepreneur de Travaux Publics. Il a  une soeur ainée Eléonore, née en 1877 et ses frères et soeurs nés après lui mourront en bas âge. Son père décède à 38 ans, en 1886, à Bucarest, sa mère, Célestine, à 31 ans, en 1889 à Paris. Alexandre a 10 ans et sa soeur, 12 ans.
Qu'est-il advenu alors de cet enfant blond aux yeux bleus foncés, et de sa soeur ? Nous n'avons pas d'élément à ce sujet.
Nous savons en revanche qu’il est appelé à la classe de 1899 de la subdivision de la Seine 3ème bureau N° 617 de tirage dans le canton du 5ème arrondissement de Paris. Cependant, fils unique et orphelin de père, il est dispensé par l’article 25 de la Loi du 15 juillet 1889 et également pour cause d’études de droit par l’article 23 de la Loi du 15 juillet 1889. A compter du 14 novembre 1900, après avoir obtenu son doctorat, Alexandre Boisguérin est incorporé au 101ème Régiment d’Infanterie puis est renvoyé dans la disponibilité le 21 septembre 1901 au grade de caporal.
Après une période militaire, il est admis au stage le 15 février 1905. A l’époque, il demeure 48 rue Gay-Lussac.
Le 9 mars 1909, à la mairie de Vincennes, il épouse Julie Descarpentis.
Le 3 août 1914, il est mobilisé. Réserviste au sein du 301ème Régiment d’Infanterie de Dreux, il rejoint le 29ème Régiment d’Infanterie territorial au grade de sergent. Le 14 novembre 1914, il est nommé sous-Lieutenant d’Infanterie Territorial à titre temporaire pour la durée de la guerre par décret présidentiel. Le 16 janvier 1916, il passe au 259ème Régiment d’Infanterie.
Le 13 mars 1916, Alexandre Boisguérin est évacué de Verdun sur l’hôpital de Sens suite à une intoxication par les gaz. IL envoie un télégramme à son épouse :
« + Sens sur Yonne 252 15 15 8 15 = VIENS SUIS HOPITAL 32 LYCEE DE SENS BONS BAISERS= BOISGUERIN ».
A peine remis de son intoxication, Alexandre Boisguérin arrive au 288ème Régiment d’Infanterie au grade de sous-lieutenant le 26 avril 1916.
Le 21 juin 1916, quelques mois avant sa mort, Alexandre Boisguérin obtient une citation. Il en fait part à son Bâtonnier, depuis les tranchées en ayant toujours à l’esprit qu’il appartient à un Ordre : « Pour grand que soit mon désir de faire mieux, il n’en demeure pas moins que la citation ci-contre appartient à notre Confrérie. Ils sont si nombreux, ils nous étaient si chers, nos regrettés confrères tombés aux champs d’honneur ! Que de bons amis je comptais parmi eux ! Et que de citations il nous faut mériter pour les venger !.. ».
Le 24 aout 1916, il est promu sous-Lieutenant à titre définitif.
Il disparaitra à Fleury dans la Meuse en montant à l'attaque d' une tranchée allemande, comme le relatera Lieutenant Colonel Jasiensky un mois plus tard à Madame Boisguérin : « Le sous-Lieutenant Boisguérin était à la tête de sa Compagnie, la 18ème, quand il se porta le 16 septembre à l’attaque d’une tranchée allemande. Il entraina magnifiquement ses hommes et c’est sur le terrain conquis à l’ennemi qu’il fut blessé et tomba, paraissant souffrir beaucoup. Sa Compagnie progressait : la  grenade voulant venger le chef qu’elle avait appris à aimer et admiré quand une soudaine et violente attaque allemande l’obligea à céder momentanément le terrain sur lequel il était tombé. Lorsque quelques heures plus tard nous eûmes refoulé l’ennemi, le Sous-Lieutenant Boisguérin n’y était plus. Il a probablement été élevé par les allemands et si sa blessure n'était par trop grave, vous le reverrez certainement un jour. Je souhaite de tout cœur qu’un si brave officier dont sa disparation a laissé au Régiment des regrets unanimes ne soit pas perdu pour le pays ».
Il sera déclaré officiellement disparu le 15 septembre 1916 et promu Lieutenant à titre définitif par décret du 24 octobre 1917.
Le 30 septembre 1919, sa veuve écrit au Bâtonnier les mots suivants : « Monsieur le Bâtonnier, ayant perdu tout espoir de retrouver mon mari disparu à Verdun depuis le 15 septembre 1916, je viens vous demander Monsieur le Bâtonnier de bien vouloir ajouter mon mari à la suite de ses collègues morts pour la France au monument offert par l’Ordre. Veuillez agréer, Monsieur le bâtonnier mes sentiment les plus distingués ». Le nom de Alexandre Boisguérin figure depuis parmi les 231 noms apposés sur le monuments aux morts…

Citations et décorations :

  • Croix de guerre avec étoile de bronze
  • Cité à l’Ordre 22 de la 134e Brigade :

    « Les 6 et 7 mars à Verdun, a maintenu sa section sous un bombardement d’une extrême violence. Cerné au cours de l’attaque du 7 mars, a fait preuve d’initiative, de courage et de sang froid en parvenant à dégager ses hommes et à se joindre avec eux aux éléments voisins pour continuer le combat. Très belle conduite au feu ». 

Boisguerin photo
Boisguerin lettre au Batonnier
Boisguerin Télégramme à son épouse
Boisguerin lettreduColonel
Alexandre Drodro Boisguérin naît le 8 janvier 1879 à Galatz en Roumanie oú son père, Alexandre, est entrepreneur de Travaux Publics. Il a  une soeur ainée Eléonore, née en 1877 et ses frères et soeurs nés après lui mourront en bas âge. Son père décède à 38 ans, en 1886, à Bucarest, sa mère, Célestine, à 31 ans, en 1889 à Paris. Alexandre a 10 ans et sa soeur, 12 ans.
Qu'est-il advenu alors de cet enfant blond aux yeux bleus foncés, et de sa soeur ? Nous n'avons pas d'élément à ce sujet.
Nous savons en revanche qu’il est appelé à la classe de 1899 de la subdivision de la Seine 3ème bureau N° 617 de tirage dans le canton du 5ème arrondissement de Paris. Cependant, fils unique et orphelin de père, il est dispensé par l’article 25 de la Loi du 15 juillet 1889 et également pour cause d’études de droit par l’article 23 de la Loi du 15 juillet 1889. A compter du 14 novembre 1900, après avoir obtenu son doctorat, Alexandre Boisguérin est incorporé au 101ème Régiment d’Infanterie puis est renvoyé dans la disponibilité le 21 septembre 1901 au grade de caporal.
Après une période militaire, il est admis au stage le 15 février 1905. A l’époque, il demeure 48 rue Gay-Lussac.
Le 9 mars 1909, à la mairie de Vincennes, il épouse Julie Descarpentis.
Le 3 août 1914, il est mobilisé. Réserviste au sein du 301ème Régiment d’Infanterie de Dreux, il rejoint le 29ème Régiment d’Infanterie territorial au grade de sergent. Le 14 novembre 1914, il est nommé sous-Lieutenant d’Infanterie Territorial à titre temporaire pour la durée de la guerre par décret présidentiel. Le 16 janvier 1916, il passe au 259ème Régiment d’Infanterie.
Le 13 mars 1916, Alexandre Boisguérin est évacué de Verdun sur l’hôpital de Sens suite à une intoxication par les gaz. IL envoie un télégramme à son épouse :
« + Sens sur Yonne 252 15 15 8 15 = VIENS SUIS HOPITAL 32 LYCEE DE SENS BONS BAISERS= BOISGUERIN ».
A peine remis de son intoxication, Alexandre Boisguérin arrive au 288ème Régiment d’Infanterie au grade de sous-lieutenant le 26 avril 1916.
Le 21 juin 1916, quelques mois avant sa mort, Alexandre Boisguérin obtient une citation. Il en fait part à son Bâtonnier, depuis les tranchées en ayant toujours à l’esprit qu’il appartient à un Ordre : « Pour grand que soit mon désir de faire mieux, il n’en demeure pas moins que la citation ci-contre appartient à notre Confrérie. Ils sont si nombreux, ils nous étaient si chers, nos regrettés confrères tombés aux champs d’honneur ! Que de bons amis je comptais parmi eux ! Et que de citations il nous faut mériter pour les venger !.. ».
Le 24 aout 1916, il est promu sous-Lieutenant à titre définitif.
Il disparaitra à Fleury dans la Meuse en montant à l'attaque d' une tranchée allemande, comme le relatera Lieutenant Colonel Jasiensky un mois plus tard à Madame Boisguérin : « Le sous-Lieutenant Boisguérin était à la tête de sa Compagnie, la 18ème, quand il se porta le 16 septembre à l’attaque d’une tranchée allemande. Il entraina magnifiquement ses hommes et c’est sur le terrain conquis à l’ennemi qu’il fut blessé et tomba, paraissant souffrir beaucoup. Sa Compagnie progressait : la  grenade voulant venger le chef qu’elle avait appris à aimer et admiré quand une soudaine et violente attaque allemande l’obligea à céder momentanément le terrain sur lequel il était tombé. Lorsque quelques heures plus tard nous eûmes refoulé l’ennemi, le Sous-Lieutenant Boisguérin n’y était plus. Il a probablement été élevé par les allemands et si sa blessure n'était par trop grave, vous le reverrez certainement un jour. Je souhaite de tout cœur qu’un si brave officier dont sa disparation a laissé au Régiment des regrets unanimes ne soit pas perdu pour le pays ».
Il sera déclaré officiellement disparu le 15 septembre 1916 et promu Lieutenant à titre définitif par décret du 24 octobre 1917.
Le 30 septembre 1919, sa veuve écrit au Bâtonnier les mots suivants : « Monsieur le Bâtonnier, ayant perdu tout espoir de retrouver mon mari disparu à Verdun depuis le 15 septembre 1916, je viens vous demander Monsieur le Bâtonnier de bien vouloir ajouter mon mari à la suite de ses collègues morts pour la France au monument offert par l’Ordre. Veuillez agréer, Monsieur le bâtonnier mes sentiment les plus distingués ». Le nom de Alexandre Boisguérin figure depuis parmi les 231 noms apposés sur le monuments aux morts…

Citations et décorations :

  • Croix de guerre avec étoile de bronze
  • Cité à l’Ordre 22 de la 134e Brigade :

    « Les 6 et 7 mars à Verdun, a maintenu sa section sous un bombardement d’une extrême violence. Cerné au cours de l’attaque du 7 mars, a fait preuve d’initiative, de courage et de sang froid en parvenant à dégager ses hommes et à se joindre avec eux aux éléments voisins pour continuer le combat. Très belle conduite au feu ». 

Sources ODAP

  • Portrait d'Alexandre Boisguérin
  • Lettre d’Alexandre Boisguérin au Bâtonnier (21 juin 1916)
  • Télégramme d'Alexandre Boisguérin à son épouse (mars 1916)
  • Lettre du Lieutenant Colonel Jasiensky à Madame Boisguérin (5 octobre 1916)

Autres Sources

Alexandre Boisguérin (on y voit une photo en robe d'avocat)

Monument aux Morts de Vincennes

 

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