Née en 1874 à Paris, Maria Vérone entame une carrière d’institutrice avant de devenir avocate au barreau de Paris en 1907. Mariée, mère de deux enfants, et avocate, elle contribue dès le début du conflit à aider les femmes abandonnées par leurs maris mobilisés. Elle raconte au Figaro du 1er juillet 1915 qu’elle partait en vacances le 25 juillet 1914 et qu’elle est revenue à Paris aussitôt le décret de mobilisation paru : « des femmes étaient sans abri, sans secours, sans pain. Je m’employais de toutes mes forces à fonder des cantines gratuites, des ateliers de chômage […]. A mon tour j’étais mobilisée, engagée volontaire et j’avais grade : cantinière. Un soldat ne déserte pas son poste ; la cantinière pas davantage ».

E.S.VERONE.300961922

Cliché Henri Manuel. 1922.

Sous les hospices de la Ligue française pour le Droit des femmes, elle fonde et dirige dès le 5 août 1914 un premier ouvroir dans les locaux du cabaret « La Lune rousse », subventionnées par le Secours National, destinées à accueillir et à donner du travail aux femmes nécessiteuses. 13 ouvroirs seront ouverts à Paris.

Bibliothque Marguerite Durand Maria Vrone

L’Ouvroir de la Lune Rousse créée par Marie Vérone pendant la 1ere guerre mondiale. Entre 1914 et 1916. Maria Vérone avec sa fille au centre. Collection Bibliothèque Marguerite Durand.

Celui de l’abbaye de Thélème employait des femmes qui fabriquaient des poupées habillées en mode parisienne, destinées à alimenter le marché américain. En juin 1915, Le Gaulois consacre un article à cet ouvroir dans lequel on apprend la présence et l’activité de Maria Vérone en ces termes : « cette œuvre est dirigée par des Parisiennes, qui ne se doutaient pas il y a un an qu’elles allaient rejouer à la poupée : Mme Maria Vérone, avocate au Palais ; Melle Antoinette Vérone [sa fille] ; Mes de Castor, Eugène Rey, Sandré, André Mégard et d’autres assurent le bon fonctionnement de cet ouvroir […] ». 

Maria Vérone créé également l’œuvre des filleuls de guerre : 400 soldats seront concernés, tous originaires de départements envahis. Ces soldats, sans aucune famille, recevaient des colis comprenant des lainages et des provisions.

Par son engagement comme cantinière, Maria Vérone laisse ses « confrères – trop âgé ou pas assez solide pour être soldats- assurer le service de la défense » (Le Figaro, 1er juillet 1915).

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