Agathe Dyvrande Thévenin est née en 1885 à Baugé d’un père avocat.

Elle étudie le droit et s’inscrit au barreau de Paris le 5 novembre 1907 en prêtant serment au même endroit que son père Ernest Dyvrande en 1877 !

Elle plaidera pour la première fois en 1908 dans une affaire de divorce à Saint-Quentin (Nord), juridiction où exerce son père procureur de la République.

Lors de la mobilisation, elle se met à disposition du Bâtonnier et remplace ses confrères partis au front.

E.S.DYVRAN.20017

 En 1915, elle explique qu’elle plaide sans avoir le sentiment de remplacer les absents. Les affaires d’assistance judiciaires (divorce, accidents du travail…) sont toujours aussi nombreuses. Quant aux conseils de guerre, c’est pour elle « une des plus douce obligations de la profession. Défendre ici le soldat qui, là-bas, se bat pour nous, c’est un peu lui dire : Merci ! » (Le Figaro du 1er juillet 1915).

Elle plaidera donc de nombreuses affaires civiles et au 1er conseil de guerre « avec talent » comme le précise Le Journal des Débats du 31 mars 1918, pour défendre Mouffard, coaccusé d’infraction à la loi du 5 août 1914 sur les propos alarmistes avec l’institutrice de Pantin Hélène Brion. Mouffard, sergent devenu caporal a été par deux fois cassé de son grade. Blessé à Vauquois, il est au moment du procès mobilisé à la poudrerie de Bergerac. Hélène Brion est inculpée de propagande destinées à favoriser l’ennemi et à exercer une influence néfaste sur le moral de l’armée.  Elle sera condamnée à 3 ans de prison et Mouffard à 6 mois.

Son père Ernest Dyvrande est resté à Saint-Quentin où il reste à son poste durant tout le conflit. Il sera arrêté et fait prisonnier par les allemands avec d’autres magistrats, « qui pendant huit jours leur firent croire qu’ils seraient fusillés ». Il mourra en 1919 après avoir assisté au mariage de sa fille avec Henri Thévenin, ingénieur civil inspecteur au chemin de fer du Nord.     

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