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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

Tél : 01 44 32 47 48

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

Wachet photo
 

C’est à Saintes, en Charente, que naquit, le 14 novembre 1889, Henry Wachet, fils unique de Louis et Marguerite Wachet.

Ce fils de militaire, élevé dans la Marne à Servon Melzicourt, choisit de faire son droit.

Spécialisé en droit pénal, il écrivit un mémoire intitulé : L’interdiction de séjour, son histoire, son fonctionnement, ses remèdes.

Il obtint sa licence le 27 juin 1911 et fût admis au stage le 14 novembre de la même année.

Il exerça fort peu de temps la profession d’avocat, puisqu’en août 2012, il demanda son omission notamment pour faire son service militaire.

Dans le même temps, il intégrait l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer avec le dessein de devenir un jour magistrat dans les colonies.

Son passage au sein de l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer devait se conclure favorablement, puisqu’Henry Wachet fit partie de la promotion de 1914.

A la déclaration de guerre, n’ayant eu aucune affectation comme magistrat, c’est en qualité d’avocat qu’Henry Wachet rejoignit le 8ème Régiment de Marche de Zouaves, dite « Division marocaine ».

Durant tout le conflit, ce régiment fût l’un des plus exposés et aussi l’un des plus glorieux.

Dès son arrivée à la fin août 1914 à Bordeaux, il fût envoyé en Belgique, s’il participa à la Retraite de La Marne, il fût aussi, comme l’a souligné le Maréchal Foch, l’un des principaux artisan de la Bataille et de la Victoire de La Marne. 

En mai 1915, c’est l’Artois, puis en septembre la Champagne.

Dans le même temps, la famille d’Henry Wachet est cruellement éprouvée par la guerre.

En effet, sa mère, restée à la déclaration de guerre dans leur propriété de Servon Melzicourt, dans la Marne verra sa maison occupée, puis pillée par les allemands.

Elle restera trente sept jours enfermée dans la cave puis, au moment du repli des troupes allemandes, elle sera contrainte de quitter sa maison et déportée vers l’Allemagne.

En juin 1915, le nom de Marguerite Wachet figure sur les listes des personnes recherchées, elle ne pourra revenir en France qu’à l’issue d’un long périple en 1916.

Elle fera le récit de cette épreuve dans un livre: La guerre en Champagne et dans les Ardennes : Heures tragiques.

En 1916, Henry Wachet, avec le 8ème Régiment de Marche de Zouaves, participe à la Bataille de la Somme, puis en début 1917 à celle du Mont Sans-Nom.

Après la seconde bataille de Verdun, Henry Wachet qui avait été, en avril 1917, cité à l’ordre de la division, trouvera quelques moments d’apaisement en épousant, en septembre 1917, Félicité Poisot, professeur au collège de jeunes filles d’Epinal.

A la fin du mois de mai 1918, lors de la dernière grande offensive allemande, alors que Soissons tombait et était occupé, le 8ème Régiment de Marche de Zouaves était acheminé par chemin de fer à 10 km au sud-ouest de cette ville.

C’est là, notamment sur le Ravin de la Crise, que pendant trois jours du 29 au 31 mai, le 8ème Régiment de Marche de Zouaves eut à affronter trois régiments allemands soutenus par l’aviation.

Au bout de quelques heures, les Zouaves n’avaient plus de munitions et ils se battirent à mains nues, se servant de leurs casques comme massues.

Le 30 mai 1918, dans cette tragique tourmente, l’adjudant Henry Wachet a entrainé sa section pour arrêter une attaque allemande.

Alors qu’il avait réussi sa mission, il fût très grièvement blessé et devait décéder, quelques heures plus tard, à l’ambulance 9/9 à Dommiers dans l’Aisne.

Il avait 28 ans et laissait derrière lui, outre ses parents, une jeune veuve qui allait donner naissance, quelques semaines plus tard, à un enfant qu’il ne connaîtrait jamais.

Ironie de l’histoire, moins de six semaines plus tard, le 11 juillet 1918, dans l’ignorance de son décès, le Ministre des colonies le nommait juge suppléant à la justice de paix à compétence étendue à Nam Dinh en Indochine.

Mort avocat, sans jamais avoir été magistrat, tout naturellement son nom figurera  sur la plaque commémorative de la Bibliothèque Haute du barreau de Paris, mais également sur celle des élèves de l’Ecole Nationale de France d’Outre-Mer, et enfin, plus étonnant, sur celle des magistrats morts pour la France.

Citations et décorations :

  • Citation à l'Ordre de la Division :

    « Depuis le débat de la campagne a rendu des services signalés comme sergent-secrétaire à l’Etat-Major de la division du Maroc. D'un dévouement à toute épreuve, a, pendant la première partie des opérations, assuré son service dans les conditions les plus pénibles et les plus dangereuses, accompagnant toujours volontairement le chef d’état-major sur les points les plus dangereux pour assurer la transmission des ordres. »

  • Citation à l'Ordre de la Division :

    « Désigné pour accompagner, au cours du combat du 17 avril 1917, un officier d'Etat-Major chargé d'une mission délicate avec les troupes d'assaut, a apporté à cet officier l'aide la plus intelligente jusqu'au moment où son chef ayant été tué, il n'a pas hésité, bien pénétré de l'importance de la mission, à continuer, seul, la reconnaissance. A rapporté au commandement des renseignements de la plus grande valeur qui ont grandement contribué au succès des opérations. »

  • Médaille militaire et citation à l'Ordre de l'Armée :

    « Jeune sous-officier aussi brave que dévoué, ayant une très haute idée de son devoir. Le 30 mai 1918, a brillamment entraîné sa section pour arrêter une attaque allemande débouchant à une centaine de mètres. A pleinement réussi dans sa mission en causant de lourdes pertes à l’ennemi. Blessé très grièvement, ne s'est fait évacuer qu'après avoir assuré le commandement de son unité. »

  • Croix de guerre avec étoile de vermeil
  • Croix du Ouissam
Wachet photo
 

C’est à Saintes, en Charente, que naquit, le 14 novembre 1889, Henry Wachet, fils unique de Louis et Marguerite Wachet.

Ce fils de militaire, élevé dans la Marne à Servon Melzicourt, choisit de faire son droit.

Spécialisé en droit pénal, il écrivit un mémoire intitulé : L’interdiction de séjour, son histoire, son fonctionnement, ses remèdes.

Il obtint sa licence le 27 juin 1911 et fût admis au stage le 14 novembre de la même année.

Il exerça fort peu de temps la profession d’avocat, puisqu’en août 2012, il demanda son omission notamment pour faire son service militaire.

Dans le même temps, il intégrait l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer avec le dessein de devenir un jour magistrat dans les colonies.

Son passage au sein de l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer devait se conclure favorablement, puisqu’Henry Wachet fit partie de la promotion de 1914.

A la déclaration de guerre, n’ayant eu aucune affectation comme magistrat, c’est en qualité d’avocat qu’Henry Wachet rejoignit le 8ème Régiment de Marche de Zouaves, dite « Division marocaine ».

Durant tout le conflit, ce régiment fût l’un des plus exposés et aussi l’un des plus glorieux.

Dès son arrivée à la fin août 1914 à Bordeaux, il fût envoyé en Belgique, s’il participa à la Retraite de La Marne, il fût aussi, comme l’a souligné le Maréchal Foch, l’un des principaux artisan de la Bataille et de la Victoire de La Marne. 

En mai 1915, c’est l’Artois, puis en septembre la Champagne.

Dans le même temps, la famille d’Henry Wachet est cruellement éprouvée par la guerre.

En effet, sa mère, restée à la déclaration de guerre dans leur propriété de Servon Melzicourt, dans la Marne verra sa maison occupée, puis pillée par les allemands.

Elle restera trente sept jours enfermée dans la cave puis, au moment du repli des troupes allemandes, elle sera contrainte de quitter sa maison et déportée vers l’Allemagne.

En juin 1915, le nom de Marguerite Wachet figure sur les listes des personnes recherchées, elle ne pourra revenir en France qu’à l’issue d’un long périple en 1916.

Elle fera le récit de cette épreuve dans un livre: La guerre en Champagne et dans les Ardennes : Heures tragiques.

En 1916, Henry Wachet, avec le 8ème Régiment de Marche de Zouaves, participe à la Bataille de la Somme, puis en début 1917 à celle du Mont Sans-Nom.

Après la seconde bataille de Verdun, Henry Wachet qui avait été, en avril 1917, cité à l’ordre de la division, trouvera quelques moments d’apaisement en épousant, en septembre 1917, Félicité Poisot, professeur au collège de jeunes filles d’Epinal.

A la fin du mois de mai 1918, lors de la dernière grande offensive allemande, alors que Soissons tombait et était occupé, le 8ème Régiment de Marche de Zouaves était acheminé par chemin de fer à 10 km au sud-ouest de cette ville.

C’est là, notamment sur le Ravin de la Crise, que pendant trois jours du 29 au 31 mai, le 8ème Régiment de Marche de Zouaves eut à affronter trois régiments allemands soutenus par l’aviation.

Au bout de quelques heures, les Zouaves n’avaient plus de munitions et ils se battirent à mains nues, se servant de leurs casques comme massues.

Le 30 mai 1918, dans cette tragique tourmente, l’adjudant Henry Wachet a entrainé sa section pour arrêter une attaque allemande.

Alors qu’il avait réussi sa mission, il fût très grièvement blessé et devait décéder, quelques heures plus tard, à l’ambulance 9/9 à Dommiers dans l’Aisne.

Il avait 28 ans et laissait derrière lui, outre ses parents, une jeune veuve qui allait donner naissance, quelques semaines plus tard, à un enfant qu’il ne connaîtrait jamais.

Ironie de l’histoire, moins de six semaines plus tard, le 11 juillet 1918, dans l’ignorance de son décès, le Ministre des colonies le nommait juge suppléant à la justice de paix à compétence étendue à Nam Dinh en Indochine.

Mort avocat, sans jamais avoir été magistrat, tout naturellement son nom figurera  sur la plaque commémorative de la Bibliothèque Haute du barreau de Paris, mais également sur celle des élèves de l’Ecole Nationale de France d’Outre-Mer, et enfin, plus étonnant, sur celle des magistrats morts pour la France.

Citations et décorations :

  • Citation à l'Ordre de la Division :

    « Depuis le débat de la campagne a rendu des services signalés comme sergent-secrétaire à l’Etat-Major de la division du Maroc. D'un dévouement à toute épreuve, a, pendant la première partie des opérations, assuré son service dans les conditions les plus pénibles et les plus dangereuses, accompagnant toujours volontairement le chef d’état-major sur les points les plus dangereux pour assurer la transmission des ordres. »

  • Citation à l'Ordre de la Division :

    « Désigné pour accompagner, au cours du combat du 17 avril 1917, un officier d'Etat-Major chargé d'une mission délicate avec les troupes d'assaut, a apporté à cet officier l'aide la plus intelligente jusqu'au moment où son chef ayant été tué, il n'a pas hésité, bien pénétré de l'importance de la mission, à continuer, seul, la reconnaissance. A rapporté au commandement des renseignements de la plus grande valeur qui ont grandement contribué au succès des opérations. »

  • Médaille militaire et citation à l'Ordre de l'Armée :

    « Jeune sous-officier aussi brave que dévoué, ayant une très haute idée de son devoir. Le 30 mai 1918, a brillamment entraîné sa section pour arrêter une attaque allemande débouchant à une centaine de mètres. A pleinement réussi dans sa mission en causant de lourdes pertes à l’ennemi. Blessé très grièvement, ne s'est fait évacuer qu'après avoir assuré le commandement de son unité. »

  • Croix de guerre avec étoile de vermeil
  • Croix du Ouissam

Sources ODAP

  • Portrait de Henry Wachet 

Autres Sources

 

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