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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

Tél : 01 44 32 47 48

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

 De Rarcourt portrait
 
Rarecourt lettre hotel bristol 28 mars 1914 

Pierre de Pimodan est né le 3 octobre 1886 au château de Bizy, près de Vernon dans l’Eure. Magnifique édifice du 18ème siècle, la demeure a appartenu à Louis XIV, au duc de Penthièvre et à la famille Bonaparte. Fontaines, bassins, statues ornent les jardins à l’anglaise peuplés de chênes centenaires. Le château appartient à la famille Albuféra.

Les Rarécourt possèdent, eux, un château à Echenay, dans la Haute-Marne, village dont l’oncle de Pierre, Gabriel de Pimodan, duc de Rarécourt, est maire et conseiller général. La famille vit dans le culte du grand-père de Pierre, le héros de Castelfidardo, Georges de Rarécourt de La Vallée de Pimodan. Né en 1822, il a refusé de prêter serment à Louis-Philippe et s’est mis au service de l’Autriche et des Etats Pontificaux. Il a été tué lors d’un assaut contre les troupes piémontaises sur les hauteurs de Castelfidardo, près d’Ancône, en 1860. Le pape a octroyé le titre de duc à ses descendants, qui l’ont accolé à leur nom Rarécourt.

L’autre héros de la famille est Gabriel, l’oncle de Pierre, qui écrit des poèmes et qui est considéré comme un historien et un poète. Le père de Pierre est le frère cadet de Gabriel, Claude de Rarécourt de La Vallée de Pimodan. Il a épousé Georgina de Mercy-Argenteau en 1885. Pierre est leur premier enfant. Suivront trois garçons et deux filles. Claude de Pimodan est militaire de carrière. Il a été capitaine d’état-major, puis en 1901, lieutenant-colonel. De 1896 à 1898, il a occupé la fonction d’attaché militaire à la Légation de France à Tokyo. Pendant la Grande Guerre, il sera encore « aux armées », comme il l’indique dans une lettre du 29 juillet 1919 au bâtonnier, pour expliquer le retard avec lequel il annonce la mort de son fils.

Très jeune, Pierre de Pimodan s’engage politiquement. Il est royaliste et milite pour l’Action Française. Dès 1905, il appartient à un groupe d’étudiants de l’Action Française, dont il sera Secrétaire général après 1908. Le groupe n’hésite pas à faire le coup de poing dans les manifestations au Quartier Latin. En mai 1908, plusieurs militants de l’Action Française manifestent contre un professeur de la Sorbonne qui avait conduit ses étudiants en voyage à Berlin. La manifestation dégénère en bagarres. Pierre de Pimodan est blessé. L’Action Française le revendique comme son premier blessé. En novembre 1908, il participe à la Sorbonne, avec Les Camelots du Roi nouvellement créés, à l’agression du professeur Thalamas qui avait osé dénoncer l’idolâtrie autour de Jeanne d’Arc. Les militants s’emparent du professeur pendant son cours magistral et le fessent publiquement. Cet engagement n’empêche pas Pierre de Pimodan de poursuivre ses études.

Il est licencié es lettres, puis licencié en droit le 7 novembre 1912. Il est admis à prêter serment d’avocat le 19 novembre 1912 et débute son stage dès le lendemain. Cela ne l’empêche pas de participer aux manifestations des Camelots du Roi. Le 29 avril 2013, Raymond Maignier, un avocat, écrit au bâtonnier : « Mon cher Bâtonnier, je dois te signaler l’arrestation et l’envoi au dépôt d’un de nos confrères stagiaires, de Pimodan. C’est un des Camelots du Roi qui sont intervenus hier pour défendre leur chef Maxime Real Del Sarte. Si tu veux des renseignements, je ne quitte pas le Palais, je serai à la bibliothèque ou à déjeuner au Buffet…». Le 28 mars 1914, Pierre de Pimodan écrit au bâtonnier, sur un papier à lettre de l’hôtel Bristol de Rome, pour solliciter une interruption de deux mois de son stage afin de se rendre quelques semaines en Albanie après avoir du « quitter Paris ». Il évoque un avertissement qu’il aurait reçu de l’Ordre.

Quand survient la mobilisation, en août 1914, Pierre de Pimodan est affecté en qualité de maréchal des logis au 30ème régiment de Dragons. Il est interprète auprès de la Mission militaire française près de l’armée britannique sur le front de Champagne. Dès le début de la guerre, le 25 octobre 1914, la famille est touchée : Henri, né un an après Pierre, capitaine au 237ème régiment d’infanterie, tombe devant Arras, à Saint-Laurent-Blangy. Il a également appartenu au barreau de Paris, mais avait interrompu son stage.

Le 1er février 1916, Pierre est affecté à la mission de Mondésir auprès de l’Armée d’Orient et rentre au dépôt du 30ème Dragons le 10 juillet 1916. Il repart au front, sur sa demande, comme agent de liaison auprès de la 4ème compagnie de mitrailleuses du 53ème régiment d’infanterie coloniale. En octobre, il prend part au combat devant Belloy-en- Santerre. Le 28 octobre, il est définitivement rattaché au 53ème régiment d’infanterie coloniale 6ème bataillon sénégalais. Le régiment passe l’hiver à Langeau, près de Saint-Raphaël et est rappelé au front le 20 mars 1917. C’est à l’occasion d’une permission que Pierre de Pimodan épouse, le 25 juin 1917, Alix de Brossin de Méré. Il a 30 ans et sa jeune épouse, 29 ans.

Fin juillet 1917, sa compagnie stationne dans l’Oise, puis dans l’Aisne à partir du mois d’août. En septembre, elle est transférée dans le secteur de Fismes où elle est amenée à combattre en première ligne du 9 octobre au 16 novembre. Ensuite, elle est envoyée se reposer dans le midi de la France. Pierre de Pimodan, qui avait parfaitement rempli ses fonctions d’agent de liaison, rentre au dépôt du 30ème Dragons et se fait affecter, le 7 février 1918, au 500ème Régiment d’Artillerie d’assaut. La guerre l’a usé et il est malade depuis longtemps. Malgré les avis formels des médecins militaires et civils, il n’a jamais voulu s’arrêter.

Le 31 mai 1918, il rentre de permission et s’apprête à rejoindre son régiment dans la région de Compiègne. Il est à la gare de Noisy-le-Sec quand il est frappé par une insolation. Il est immédiatement évacué vers un hôpital où il succombe le jour même. La mention Mort pour la France lui sera accordée. Un mois plus tard, le 2 juillet 1918, sa femme mettra au monde son fils, qu’elle prénommera Pierre.

Citations et décorations

  • Pas de citation connue.
 De Rarcourt portrait
 
Rarecourt lettre hotel bristol 28 mars 1914 

Pierre de Pimodan est né le 3 octobre 1886 au château de Bizy, près de Vernon dans l’Eure. Magnifique édifice du 18ème siècle, la demeure a appartenu à Louis XIV, au duc de Penthièvre et à la famille Bonaparte. Fontaines, bassins, statues ornent les jardins à l’anglaise peuplés de chênes centenaires. Le château appartient à la famille Albuféra.

Les Rarécourt possèdent, eux, un château à Echenay, dans la Haute-Marne, village dont l’oncle de Pierre, Gabriel de Pimodan, duc de Rarécourt, est maire et conseiller général. La famille vit dans le culte du grand-père de Pierre, le héros de Castelfidardo, Georges de Rarécourt de La Vallée de Pimodan. Né en 1822, il a refusé de prêter serment à Louis-Philippe et s’est mis au service de l’Autriche et des Etats Pontificaux. Il a été tué lors d’un assaut contre les troupes piémontaises sur les hauteurs de Castelfidardo, près d’Ancône, en 1860. Le pape a octroyé le titre de duc à ses descendants, qui l’ont accolé à leur nom Rarécourt.

L’autre héros de la famille est Gabriel, l’oncle de Pierre, qui écrit des poèmes et qui est considéré comme un historien et un poète. Le père de Pierre est le frère cadet de Gabriel, Claude de Rarécourt de La Vallée de Pimodan. Il a épousé Georgina de Mercy-Argenteau en 1885. Pierre est leur premier enfant. Suivront trois garçons et deux filles. Claude de Pimodan est militaire de carrière. Il a été capitaine d’état-major, puis en 1901, lieutenant-colonel. De 1896 à 1898, il a occupé la fonction d’attaché militaire à la Légation de France à Tokyo. Pendant la Grande Guerre, il sera encore « aux armées », comme il l’indique dans une lettre du 29 juillet 1919 au bâtonnier, pour expliquer le retard avec lequel il annonce la mort de son fils.

Très jeune, Pierre de Pimodan s’engage politiquement. Il est royaliste et milite pour l’Action Française. Dès 1905, il appartient à un groupe d’étudiants de l’Action Française, dont il sera Secrétaire général après 1908. Le groupe n’hésite pas à faire le coup de poing dans les manifestations au Quartier Latin. En mai 1908, plusieurs militants de l’Action Française manifestent contre un professeur de la Sorbonne qui avait conduit ses étudiants en voyage à Berlin. La manifestation dégénère en bagarres. Pierre de Pimodan est blessé. L’Action Française le revendique comme son premier blessé. En novembre 1908, il participe à la Sorbonne, avec Les Camelots du Roi nouvellement créés, à l’agression du professeur Thalamas qui avait osé dénoncer l’idolâtrie autour de Jeanne d’Arc. Les militants s’emparent du professeur pendant son cours magistral et le fessent publiquement. Cet engagement n’empêche pas Pierre de Pimodan de poursuivre ses études.

Il est licencié es lettres, puis licencié en droit le 7 novembre 1912. Il est admis à prêter serment d’avocat le 19 novembre 1912 et débute son stage dès le lendemain. Cela ne l’empêche pas de participer aux manifestations des Camelots du Roi. Le 29 avril 2013, Raymond Maignier, un avocat, écrit au bâtonnier : « Mon cher Bâtonnier, je dois te signaler l’arrestation et l’envoi au dépôt d’un de nos confrères stagiaires, de Pimodan. C’est un des Camelots du Roi qui sont intervenus hier pour défendre leur chef Maxime Real Del Sarte. Si tu veux des renseignements, je ne quitte pas le Palais, je serai à la bibliothèque ou à déjeuner au Buffet…». Le 28 mars 1914, Pierre de Pimodan écrit au bâtonnier, sur un papier à lettre de l’hôtel Bristol de Rome, pour solliciter une interruption de deux mois de son stage afin de se rendre quelques semaines en Albanie après avoir du « quitter Paris ». Il évoque un avertissement qu’il aurait reçu de l’Ordre.

Quand survient la mobilisation, en août 1914, Pierre de Pimodan est affecté en qualité de maréchal des logis au 30ème régiment de Dragons. Il est interprète auprès de la Mission militaire française près de l’armée britannique sur le front de Champagne. Dès le début de la guerre, le 25 octobre 1914, la famille est touchée : Henri, né un an après Pierre, capitaine au 237ème régiment d’infanterie, tombe devant Arras, à Saint-Laurent-Blangy. Il a également appartenu au barreau de Paris, mais avait interrompu son stage.

Le 1er février 1916, Pierre est affecté à la mission de Mondésir auprès de l’Armée d’Orient et rentre au dépôt du 30ème Dragons le 10 juillet 1916. Il repart au front, sur sa demande, comme agent de liaison auprès de la 4ème compagnie de mitrailleuses du 53ème régiment d’infanterie coloniale. En octobre, il prend part au combat devant Belloy-en- Santerre. Le 28 octobre, il est définitivement rattaché au 53ème régiment d’infanterie coloniale 6ème bataillon sénégalais. Le régiment passe l’hiver à Langeau, près de Saint-Raphaël et est rappelé au front le 20 mars 1917. C’est à l’occasion d’une permission que Pierre de Pimodan épouse, le 25 juin 1917, Alix de Brossin de Méré. Il a 30 ans et sa jeune épouse, 29 ans.

Fin juillet 1917, sa compagnie stationne dans l’Oise, puis dans l’Aisne à partir du mois d’août. En septembre, elle est transférée dans le secteur de Fismes où elle est amenée à combattre en première ligne du 9 octobre au 16 novembre. Ensuite, elle est envoyée se reposer dans le midi de la France. Pierre de Pimodan, qui avait parfaitement rempli ses fonctions d’agent de liaison, rentre au dépôt du 30ème Dragons et se fait affecter, le 7 février 1918, au 500ème Régiment d’Artillerie d’assaut. La guerre l’a usé et il est malade depuis longtemps. Malgré les avis formels des médecins militaires et civils, il n’a jamais voulu s’arrêter.

Le 31 mai 1918, il rentre de permission et s’apprête à rejoindre son régiment dans la région de Compiègne. Il est à la gare de Noisy-le-Sec quand il est frappé par une insolation. Il est immédiatement évacué vers un hôpital où il succombe le jour même. La mention Mort pour la France lui sera accordée. Un mois plus tard, le 2 juillet 1918, sa femme mettra au monde son fils, qu’elle prénommera Pierre.

Citations et décorations

  • Pas de citation connue.

Sources ODAP

  • Lettre de Raymond Maignier au bâtonnier du 29 avril 1913

  • Lettre de Pierre de Pimodan au bâtonnier du 28 mars 1914.

  • Lettre de Claude de Pimodan au bâtonnier du 29 juillet 1919

Autres Sources

 

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