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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

Tél : 01 44 32 47 48

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

Pluyette photo
 
Pluyette Lettre - extrait de la Notice biographique 
Pluyette Livre
Il avait 23 ans lorsqu’il reçut son ordre de mobilisation. Excellent musicien (il adorait jouer du grand orgue), amoureux des arts, mondain même, le pur intellectuel qu’il est va se révéler un homme de guerre. Faisant montre d’un sang-froid et d’un courage exceptionnel. « Il s’était donné tout entier à la guerre, lui, l’artiste délicat, le fin lettré » écrit un ami dans le petit ouvrage que ses parents firent éditer après la guerre, en mémoire de leur fils.
Sa famille est d’origine bretonne et a gardé des attaches dans le Morbihan. Son père, Charles Pluyette, polytechnicien comme l’était son propre père est maire d’Arzal. Magistrat, il finira sa carrière comme Directeur Général de la Compagnie Financière de France.
Licencié en droit et inscrit au Tableau le 18 février 1913, Jean Pluyette était également diplômé de Sciences-Po et préparait le concours de l’Inspection des Finances. Lorsque la guerre éclate, il accomplit son service militaire au sein du 101 R.I. Il est simple caporal et va bientôt connaître l’épouvantable baptême du feu, sous les canons et mitrailleuses allemandes dans la Meuse, puis lors du retrait dans la Marne. Chaque jour, il faut se lancer dans la fournaise.
Les 31 août et 15 septembre, Jean Pluyette s’illustre en secourant plusieurs soldats blessés.
Le 22 septembre, le régiment est engagé dans la bataille de la Marne, les combats s’enchaînent avec une violence inouïe. Le feu nourri des mitrailleuses allemandes, les salves d’artillerie fauchent sans répit et nourrissent la terre de sang. Les hommes se battent au milieu des cadavres.
Le 25 septembre, Jean Pluyette s’attarde encore pour aider un soldat blessé, et le ramener vers les lignes françaises. Un éclat d’obus le frappe, mais il parvint à se traîner vers une tranchée alliée. Il est évacué par une ambulance près de Paris. Va s’en suivre une série d’affectations au cours desquelles il a juste le temps de s’attacher aux hommes et de prouver sa valeur.
Il est affecté, lors de sa nomination d’aspirant, au 15ème bataillon de chasseurs à pied, puis le 67ème R.I. pendant 2 jours, avant d’être versé au 404ème de marche. Les affrontements avec les allemands sont incessants et les pertes creusent cruellement les rangs français. Les bataillons se reforment et fusionnent pour combler des manques.
Fin mars 1915, il rejoint le 122ème R.I. Le régiment vient d’être atrocement décimé par la prise du fortin de Beauséjour, dans la région de Tahure, lors de la bataille de Champagne. Jean Pluyette est immédiatement confronté aux bombardements, exposé aux feux des mitrailleuses boches actionnées sans répit par les soldats allemands à l’abri dans leurs fortifications. Son courage et sa solidarité sont soulignés par ses supérieurs. Dans la préface qu’il a rédigée pour le livre que les parents de Jean Pluyette ontpublié pour honorer sa mémoire, René Bazin, de l’Académie Française, écrit : « Ce qu’est la guerre, avant tout le combat des âmes. Elle a révélé à eux-mêmes et à leurs proches un grand nombre de ceux qu’elle a sacrifiés ».
Fin août 1915, avant la grande offensive de Champagne prévue par Joffre, le 122ème ayant encore une fois perdu une grande partie de son effectif, quitte le front pour se reformer à l’arrière.
Le 20 septembre, la Compagnie reçoit l’ordre de retourner au front. Jean Pluyette ne participera pas à l’attaque générale du 25 septembre, son régiment étant destiné à prendre la relève passé le 1er choc.
Le 4 octobre, il est chargé de reconnaître le terrain de la prochaine offensive. Une tranchée ennemie, creusée au pied d’une sorte de crête, est protégée par des réseaux de fils de fer barbelé. Au-delà, le mauvais temps empêche toute visibilité. Le 6 octobre, l’ordre d’attaque est donné. Les officiers ont conscience du sacrifice qui est demandé à tous les hommes. S’élançant vers la tranchée, la Section de Jean Pluyette est bloquée par un triple rang de fils barbelés que les soldats essaient de rompre à coup de crosses de fusil. Sans succès. Au même moment, les allemands dévoilent les batteries de mitrailleuses qui défendent la tranchée à prendre et commence une hécatombe. Le sous-Lieutenant Pluyette organise rapidement la protection de ses hommes, tout repli étant impossible car il faudrait remonter la crête; il leur ordonne de se retirer dans des trous d’obus pour se mettre à l’abri. Lui-même se réfugie dans un repli du terrain à partir duquel il tire sur l’ennemi qui se montre. L’affrontement dure depuis 3 heures pendant lequel, Jean Pluyette encourage ses hommes, s’inquiète pour eux et leur donne des instructions. Lors d’un tir, une balle ennemie l’atteint mortellement. Foudroyé, il reste dans la position du tireur. C’est la dernière image que les quelques survivants qui réussissent à regagner leur ligne garderont. Son corps ne sera pas retrouvé. Le Colonel Fritch qui commandait sa compagnie fera de lui le plus vibrant des panégyriques, insistant sur les qualités humaines de Jean Pluyette.
Jean Pluyette, l’avocat parisien, le délicat intellectuel, a montré que dans l’adversité et la guerre, les grandes âmes prouvent leur valeur.

Citations et décorations :

  • Cité à l'Ordre du Régiment : 

    « Très belle conduite au feu; a, en différentes circonstances, notamment les 31 août, 15 et 25 septembre 1914, sauvé plusieurs soldats qui avaient été blessés; a été lui-même atteint par un éclat d'obus, en secourant un blessé ».

  • Cité à l'Ordre de l'Armée (décembre 1915) :

    «Officier d'une extrême bravoure, a brillamment entraîné sa section pour traverser un réseau de fils de fer qu'il avait été reconnaître lui-même; a été tué en s'efforçant de faire brèche dans un deuxième réseau intact qui arrêtait son élan ».

  • Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume (Journal Officiel du 26 décembre 1919).
Pluyette photo
 
Pluyette Lettre - extrait de la Notice biographique 
Pluyette Livre
Il avait 23 ans lorsqu’il reçut son ordre de mobilisation. Excellent musicien (il adorait jouer du grand orgue), amoureux des arts, mondain même, le pur intellectuel qu’il est va se révéler un homme de guerre. Faisant montre d’un sang-froid et d’un courage exceptionnel. « Il s’était donné tout entier à la guerre, lui, l’artiste délicat, le fin lettré » écrit un ami dans le petit ouvrage que ses parents firent éditer après la guerre, en mémoire de leur fils.
Sa famille est d’origine bretonne et a gardé des attaches dans le Morbihan. Son père, Charles Pluyette, polytechnicien comme l’était son propre père est maire d’Arzal. Magistrat, il finira sa carrière comme Directeur Général de la Compagnie Financière de France.
Licencié en droit et inscrit au Tableau le 18 février 1913, Jean Pluyette était également diplômé de Sciences-Po et préparait le concours de l’Inspection des Finances. Lorsque la guerre éclate, il accomplit son service militaire au sein du 101 R.I. Il est simple caporal et va bientôt connaître l’épouvantable baptême du feu, sous les canons et mitrailleuses allemandes dans la Meuse, puis lors du retrait dans la Marne. Chaque jour, il faut se lancer dans la fournaise.
Les 31 août et 15 septembre, Jean Pluyette s’illustre en secourant plusieurs soldats blessés.
Le 22 septembre, le régiment est engagé dans la bataille de la Marne, les combats s’enchaînent avec une violence inouïe. Le feu nourri des mitrailleuses allemandes, les salves d’artillerie fauchent sans répit et nourrissent la terre de sang. Les hommes se battent au milieu des cadavres.
Le 25 septembre, Jean Pluyette s’attarde encore pour aider un soldat blessé, et le ramener vers les lignes françaises. Un éclat d’obus le frappe, mais il parvint à se traîner vers une tranchée alliée. Il est évacué par une ambulance près de Paris. Va s’en suivre une série d’affectations au cours desquelles il a juste le temps de s’attacher aux hommes et de prouver sa valeur.
Il est affecté, lors de sa nomination d’aspirant, au 15ème bataillon de chasseurs à pied, puis le 67ème R.I. pendant 2 jours, avant d’être versé au 404ème de marche. Les affrontements avec les allemands sont incessants et les pertes creusent cruellement les rangs français. Les bataillons se reforment et fusionnent pour combler des manques.
Fin mars 1915, il rejoint le 122ème R.I. Le régiment vient d’être atrocement décimé par la prise du fortin de Beauséjour, dans la région de Tahure, lors de la bataille de Champagne. Jean Pluyette est immédiatement confronté aux bombardements, exposé aux feux des mitrailleuses boches actionnées sans répit par les soldats allemands à l’abri dans leurs fortifications. Son courage et sa solidarité sont soulignés par ses supérieurs. Dans la préface qu’il a rédigée pour le livre que les parents de Jean Pluyette ontpublié pour honorer sa mémoire, René Bazin, de l’Académie Française, écrit : « Ce qu’est la guerre, avant tout le combat des âmes. Elle a révélé à eux-mêmes et à leurs proches un grand nombre de ceux qu’elle a sacrifiés ».
Fin août 1915, avant la grande offensive de Champagne prévue par Joffre, le 122ème ayant encore une fois perdu une grande partie de son effectif, quitte le front pour se reformer à l’arrière.
Le 20 septembre, la Compagnie reçoit l’ordre de retourner au front. Jean Pluyette ne participera pas à l’attaque générale du 25 septembre, son régiment étant destiné à prendre la relève passé le 1er choc.
Le 4 octobre, il est chargé de reconnaître le terrain de la prochaine offensive. Une tranchée ennemie, creusée au pied d’une sorte de crête, est protégée par des réseaux de fils de fer barbelé. Au-delà, le mauvais temps empêche toute visibilité. Le 6 octobre, l’ordre d’attaque est donné. Les officiers ont conscience du sacrifice qui est demandé à tous les hommes. S’élançant vers la tranchée, la Section de Jean Pluyette est bloquée par un triple rang de fils barbelés que les soldats essaient de rompre à coup de crosses de fusil. Sans succès. Au même moment, les allemands dévoilent les batteries de mitrailleuses qui défendent la tranchée à prendre et commence une hécatombe. Le sous-Lieutenant Pluyette organise rapidement la protection de ses hommes, tout repli étant impossible car il faudrait remonter la crête; il leur ordonne de se retirer dans des trous d’obus pour se mettre à l’abri. Lui-même se réfugie dans un repli du terrain à partir duquel il tire sur l’ennemi qui se montre. L’affrontement dure depuis 3 heures pendant lequel, Jean Pluyette encourage ses hommes, s’inquiète pour eux et leur donne des instructions. Lors d’un tir, une balle ennemie l’atteint mortellement. Foudroyé, il reste dans la position du tireur. C’est la dernière image que les quelques survivants qui réussissent à regagner leur ligne garderont. Son corps ne sera pas retrouvé. Le Colonel Fritch qui commandait sa compagnie fera de lui le plus vibrant des panégyriques, insistant sur les qualités humaines de Jean Pluyette.
Jean Pluyette, l’avocat parisien, le délicat intellectuel, a montré que dans l’adversité et la guerre, les grandes âmes prouvent leur valeur.

Citations et décorations :

  • Cité à l'Ordre du Régiment : 

    « Très belle conduite au feu; a, en différentes circonstances, notamment les 31 août, 15 et 25 septembre 1914, sauvé plusieurs soldats qui avaient été blessés; a été lui-même atteint par un éclat d'obus, en secourant un blessé ».

  • Cité à l'Ordre de l'Armée (décembre 1915) :

    «Officier d'une extrême bravoure, a brillamment entraîné sa section pour traverser un réseau de fils de fer qu'il avait été reconnaître lui-même; a été tué en s'efforçant de faire brèche dans un deuxième réseau intact qui arrêtait son élan ».

  • Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume (Journal Officiel du 26 décembre 1919).

Sources ODAP

Extrait : Lettre à ses parents (juin 1915)

Autres Sources

 

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