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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

guilhaumou portrait ac copyright  Guilhaumou lettre 9 juillet 1917  Guilhaumou lettre pre 26 aot 1917  Guilhaumou page 1 lettre 2 aot 1917
 
Raoul Pierre Camille Edmond Guilhaumou naît le 19 mars 1891 à Montpellier. Il est le fils unique de Joseph Antoine Alexandre, avocat à Montpellier, et de Victorine Fernande Elise née Bencker. De sa jeunesse, il y a peu d’éléments.
En 1911, Raoul Guilhaumou réside à Paris chez sa tante, Madame Martin, au 60, rue de la Tour pendant que ses parents habitent au Caire où Joseph Guilhaumou, son père est avocat auprès de la Cour d’Appel d’Alexandrie. Lors de son recensement en 1911, Raoul Guilhaumou est étudiant à la Faculté de droit de Paris et élève à l’école des Sciences Politiques. Licencié en droit en juillet 1914, il est mobilisé quelques jours plus tard.
Dès l’appel, il rejoint le 104ème Régiment d’Infanterie dont l’encasernement est à Argentan dans l’Orne. En août 1915, Raoul Guilhaumou est promu aspirant d’infanterie et rejoint le centre d’instruction de Saint-Maixent avant de retrouver son régiment pour la préparation de la grande offensive de Champagne.
Le premier jour du coup d’envoi de l’offensive, le 25 septembre 1915, alors qu’il commande sa section, Raoul Guilhaumou est grièvement blessé d’une balle qui lui traverse le corps aux abords du fortin d’Aubérive-sur-Suippes. Le 104e compte pour cette première journée d’offensive 194 blessés, 66 tués et 37 disparus.
Au mois de mai 1916, Raoul Guilhaumou devient sous-lieutenant au 324e Régiment d’Infanterie, régiment qu’il rejoint pour prendre part à l’offensive de la Somme. Le 9 octobre 1916 au cours d’une permission, il prête serment et devient avocat, il a pour rapporteur le Bâtonnier Henri Robert.
En janvier 1917, le 324e Régiment d’Infanterie quitte la Somme pour la région de Verdun où le sous-lieutenant Guilhaumou est cité à l’Ordre du Corps d’Armée le 30 avril 1917 pour sa bravoure lors de nombreuses reconnaissances et l’attaque vigoureuse d’une patrouille ennemie le 26 avril 1917.
C’est en Champagne, au cours des combats du Mont-Haut que le sous-lieutenant Guilhaumou se distingue encore les 29, 30 et 31 mai 1917 lui valant deux nouvelles citations élogieuses dont l’une à l’Ordre de l’Armée : « Officier d’un calme et d’une bravoure remarquables. Resté en observation sous les violents bombardements des 29 et 30 mai 1917, a su, lors d’une contre-attaque furieuse arrêter l’ennemi et le contenir, permettant aux réserves d’arriver ». « Le 31 mai 1917, au cours d’une attaque allemande, a entraîné sa section de contre-attaque, sous le plus violent tir de barrage, en ordre, sans laisser un seul homme en arrière. En plein combat, ayant reçu l’ordre de son chef de bataillon de prendre le commandement d’une compagnie dont tous les officiers étaient hors combat par suite de blessure, a, par son calme et son sang-froid, imposé son autorité, fait réoccuper à toute allure une tranchée de première ligne où quelques allemands résistaient encore, sans laisser le temps aux mitrailleuses ennemies de l’arrêter. A continué à occuper sa première ligne jusqu’au 8 juin. Officier remarquable, de sang-froid et de présence d’esprit dans le danger ».
Raoul Guilhaumou adresse les textes de ses citations à son Bâtonnier le 7 juillet 1917. A cette date, il est au repos avant de redescendre le 9 juillet dans les tranchées en ligne dans les quartiers des Gascons et du Casque à l’est de Reims.
Le 14 juillet 1917, le 324e Régiment attaque sur les pentes est du Mont Têton dans le but de désorganiser les préparatifs offensifs de l'ennemi en devançant son attaque. En soirée, il s’empare d’une partie des tranchées ennemies. Le capitaine Outardel à la tête de sa compagnie est blessé grièvement à l’épaule, ses hommes dont Raoul Guilhaumou poursuivent la conquête. C’est un peu plus tard, le 15 juillet 1917 que le sous-lieutenant Guilhaumou est tué d’une balle au front, en repoussant une contre-attaque lancée par l’ennemi sur la tranchée.
La nouvelle du décès du sous-lieutenant Guilhaumou parvient au Bâtonnier par courrier daté du 2 août 1917, de la main du Capitaine Outardel demandant que la famille qui réside au Caire puisse être prévenue avec « quelques ménagements » du décès de leur fils unique dont le corps « n’avait pu être ramené sous nos lignes avant que les allemands sous une contre-attaque extrêmement puissante se ré-emparent d’un élément de tranchée ».
Le 26 août 1917, Joseph Guilhaumou, le père de Raoul répondait au Bâtonnier : « Je viens de recevoir votre triste lettre. Qui eût cru, il va y avoir un an, vous fîtes à mon fils l’honneur de le représenter à la Cour le jour de sa prestation de serment, que cette robe qu’il mettait pour la première fois, il mettrait aussi pour la dernière. A notre prochain voyage en Europe, nous viendrons sa mère et moi, voir son nom au Tableau d’Honneur de l’Ordre puisqu’hélas ! nous avons à peu près la triste nouvelle que nous ne pourrons jamais aller nous agenouiller sur sa tombe ».

Citations et décorations :

  • 1° Cité à l’Ordre du Corps d’Armée, le 30 avril 1917 :  Officier ayant donné maintes preuves d’allant, de froid-décision et de bravoure personnelle dans les nombreuses reconnaissances qu’il a conduites. Le 26 avril 1917, a vigoureusement attaqué une patrouille ennemie, et l’a poursuivie avec un bel entrain jusque dans ses réseaux. »
  • 2° Cité à l’Ordre n°12 du 17e Corps d’Armée en juin 1917 : « Officier d’un calme et d’une bravoure remarquables. Resté en observation sous les violents bombardements des 29 et 30 mai 1917, a su, lors d’une contre-attaque furieuse arrêter l’ennemi et le contenir, permettant aux réserves d’arriver. »
  • 3° Cité à l’Ordre de la IVe Armée, (Ordre du 15 juin 1917– Journal officiel du 13 octobre 1917) : « Le 31 mai 1917, au cours d’une attaque allemande, a entraîné sa section de contre-attaque, sous le plus violent tir de barrage, en ordre, sans laisser un seul homme en arrière. En plein combat, ayant reçu l’ordre de son chef de bataillon de prendre le commandement d’une compagnie dont tous les officiers étaient hors combat par suite de blessure, a, par son calme et son sang-froid, imposé son autorité, fait réoccuper à toute allure une tranchée de première ligne où quelques allemands résistaient encore, sans laisser le temps aux mitrailleuses ennemies de l’arrêter. A continué à occuper sa première ligne jusqu’au 8 juin. Officier remarquable, de sang-froid et de présence d’esprit dans le danger. »
  • 4° Cité à l’Ordre de la IVe Armée (Ordre du 22 juillet 1917 – Journal officiel du 7 novembre 1917) : « Officier réunissant la bravoure et le sang-froid. Tué le 15 juillet 1917 dans la tranchée allemande conquise, en combattant lui-même à la grenade, contre une contre-attaque repoussée. Officier splendide. »
  • 5° Chevalier de la légion d’honneur à titre posthume (Journal officiel du 12 mars 1920). Croix de guerre.
guilhaumou portrait ac copyright  Guilhaumou lettre 9 juillet 1917  Guilhaumou lettre pre 26 aot 1917  Guilhaumou page 1 lettre 2 aot 1917
 
Raoul Pierre Camille Edmond Guilhaumou naît le 19 mars 1891 à Montpellier. Il est le fils unique de Joseph Antoine Alexandre, avocat à Montpellier, et de Victorine Fernande Elise née Bencker. De sa jeunesse, il y a peu d’éléments.
En 1911, Raoul Guilhaumou réside à Paris chez sa tante, Madame Martin, au 60, rue de la Tour pendant que ses parents habitent au Caire où Joseph Guilhaumou, son père est avocat auprès de la Cour d’Appel d’Alexandrie. Lors de son recensement en 1911, Raoul Guilhaumou est étudiant à la Faculté de droit de Paris et élève à l’école des Sciences Politiques. Licencié en droit en juillet 1914, il est mobilisé quelques jours plus tard.
Dès l’appel, il rejoint le 104ème Régiment d’Infanterie dont l’encasernement est à Argentan dans l’Orne. En août 1915, Raoul Guilhaumou est promu aspirant d’infanterie et rejoint le centre d’instruction de Saint-Maixent avant de retrouver son régiment pour la préparation de la grande offensive de Champagne.
Le premier jour du coup d’envoi de l’offensive, le 25 septembre 1915, alors qu’il commande sa section, Raoul Guilhaumou est grièvement blessé d’une balle qui lui traverse le corps aux abords du fortin d’Aubérive-sur-Suippes. Le 104e compte pour cette première journée d’offensive 194 blessés, 66 tués et 37 disparus.
Au mois de mai 1916, Raoul Guilhaumou devient sous-lieutenant au 324e Régiment d’Infanterie, régiment qu’il rejoint pour prendre part à l’offensive de la Somme. Le 9 octobre 1916 au cours d’une permission, il prête serment et devient avocat, il a pour rapporteur le Bâtonnier Henri Robert.
En janvier 1917, le 324e Régiment d’Infanterie quitte la Somme pour la région de Verdun où le sous-lieutenant Guilhaumou est cité à l’Ordre du Corps d’Armée le 30 avril 1917 pour sa bravoure lors de nombreuses reconnaissances et l’attaque vigoureuse d’une patrouille ennemie le 26 avril 1917.
C’est en Champagne, au cours des combats du Mont-Haut que le sous-lieutenant Guilhaumou se distingue encore les 29, 30 et 31 mai 1917 lui valant deux nouvelles citations élogieuses dont l’une à l’Ordre de l’Armée : « Officier d’un calme et d’une bravoure remarquables. Resté en observation sous les violents bombardements des 29 et 30 mai 1917, a su, lors d’une contre-attaque furieuse arrêter l’ennemi et le contenir, permettant aux réserves d’arriver ». « Le 31 mai 1917, au cours d’une attaque allemande, a entraîné sa section de contre-attaque, sous le plus violent tir de barrage, en ordre, sans laisser un seul homme en arrière. En plein combat, ayant reçu l’ordre de son chef de bataillon de prendre le commandement d’une compagnie dont tous les officiers étaient hors combat par suite de blessure, a, par son calme et son sang-froid, imposé son autorité, fait réoccuper à toute allure une tranchée de première ligne où quelques allemands résistaient encore, sans laisser le temps aux mitrailleuses ennemies de l’arrêter. A continué à occuper sa première ligne jusqu’au 8 juin. Officier remarquable, de sang-froid et de présence d’esprit dans le danger ».
Raoul Guilhaumou adresse les textes de ses citations à son Bâtonnier le 7 juillet 1917. A cette date, il est au repos avant de redescendre le 9 juillet dans les tranchées en ligne dans les quartiers des Gascons et du Casque à l’est de Reims.
Le 14 juillet 1917, le 324e Régiment attaque sur les pentes est du Mont Têton dans le but de désorganiser les préparatifs offensifs de l'ennemi en devançant son attaque. En soirée, il s’empare d’une partie des tranchées ennemies. Le capitaine Outardel à la tête de sa compagnie est blessé grièvement à l’épaule, ses hommes dont Raoul Guilhaumou poursuivent la conquête. C’est un peu plus tard, le 15 juillet 1917 que le sous-lieutenant Guilhaumou est tué d’une balle au front, en repoussant une contre-attaque lancée par l’ennemi sur la tranchée.
La nouvelle du décès du sous-lieutenant Guilhaumou parvient au Bâtonnier par courrier daté du 2 août 1917, de la main du Capitaine Outardel demandant que la famille qui réside au Caire puisse être prévenue avec « quelques ménagements » du décès de leur fils unique dont le corps « n’avait pu être ramené sous nos lignes avant que les allemands sous une contre-attaque extrêmement puissante se ré-emparent d’un élément de tranchée ».
Le 26 août 1917, Joseph Guilhaumou, le père de Raoul répondait au Bâtonnier : « Je viens de recevoir votre triste lettre. Qui eût cru, il va y avoir un an, vous fîtes à mon fils l’honneur de le représenter à la Cour le jour de sa prestation de serment, que cette robe qu’il mettait pour la première fois, il mettrait aussi pour la dernière. A notre prochain voyage en Europe, nous viendrons sa mère et moi, voir son nom au Tableau d’Honneur de l’Ordre puisqu’hélas ! nous avons à peu près la triste nouvelle que nous ne pourrons jamais aller nous agenouiller sur sa tombe ».

Citations et décorations :

  • 1° Cité à l’Ordre du Corps d’Armée, le 30 avril 1917 :  Officier ayant donné maintes preuves d’allant, de froid-décision et de bravoure personnelle dans les nombreuses reconnaissances qu’il a conduites. Le 26 avril 1917, a vigoureusement attaqué une patrouille ennemie, et l’a poursuivie avec un bel entrain jusque dans ses réseaux. »
  • 2° Cité à l’Ordre n°12 du 17e Corps d’Armée en juin 1917 : « Officier d’un calme et d’une bravoure remarquables. Resté en observation sous les violents bombardements des 29 et 30 mai 1917, a su, lors d’une contre-attaque furieuse arrêter l’ennemi et le contenir, permettant aux réserves d’arriver. »
  • 3° Cité à l’Ordre de la IVe Armée, (Ordre du 15 juin 1917– Journal officiel du 13 octobre 1917) : « Le 31 mai 1917, au cours d’une attaque allemande, a entraîné sa section de contre-attaque, sous le plus violent tir de barrage, en ordre, sans laisser un seul homme en arrière. En plein combat, ayant reçu l’ordre de son chef de bataillon de prendre le commandement d’une compagnie dont tous les officiers étaient hors combat par suite de blessure, a, par son calme et son sang-froid, imposé son autorité, fait réoccuper à toute allure une tranchée de première ligne où quelques allemands résistaient encore, sans laisser le temps aux mitrailleuses ennemies de l’arrêter. A continué à occuper sa première ligne jusqu’au 8 juin. Officier remarquable, de sang-froid et de présence d’esprit dans le danger. »
  • 4° Cité à l’Ordre de la IVe Armée (Ordre du 22 juillet 1917 – Journal officiel du 7 novembre 1917) : « Officier réunissant la bravoure et le sang-froid. Tué le 15 juillet 1917 dans la tranchée allemande conquise, en combattant lui-même à la grenade, contre une contre-attaque repoussée. Officier splendide. »
  • 5° Chevalier de la légion d’honneur à titre posthume (Journal officiel du 12 mars 1920). Croix de guerre.

Sources ODAP

  • Lettre datée du 7 juillet 1917 de Raoul 1917 au Bâtonnier Henri Rober.
  • Lettre datée du 2 août 1917 du Capitaine Georges Outardel (22ème Compagnie) au Bâtonnier Henri Robert.
  • Lettre datée du 29 août 1917 de Joseph Guilhaumou au Bâtonnier Henri Robert.

Autres Sources

Saint-Maixent : JO 19 aout 1915 p. 5801 (liste des élèves aspirant d’infanterie provenant du centre d’instruction de saint-Maixent qui sont promus aspirants pour prendre rang du 20 août 1915 : nota le numéro du corps qui suit le nom de chaque élève est celui de son corps d’origine 4e région Guilhaumou 104e régiment d’infanterie)

Citation à l’Ordre de l’Armée - JO 13 octobre 1917 p. 8105

Citation à l’Ordre de l’Armée - JO 7 nov 1917 p. 8881

Légion d’honneur à titre posthume – JO 12 mars 1920 p.4103

Historique du 324e Régiment d’Infanterie

 

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