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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

Tél : 01 44 32 47 48

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

FILLION Jean portrait bis  FILLION lettre au batonnier 1918  FILLION lettre aumonier
 
Jean Fillion est le frère cadet de Charles Fillion, avocat au barreau de Paris et mort pour la France le 31 août 1917.
Il effectue son service militaire en 1908 dans le Maine-et-Loire mais la commission spéciale d’Angers le réforme le 19 octobre 1909 pour « tuberculose pulmonaire et polyarthryte ».
Licencié en droit, il s’inscrit au stage en 1912. Après un passage chez l’avoué Delarue, Jean travaille avec son frère Charles. Les deux frères semblaient très proches, l’aîné n’hésitant pas à recommander son cadet à des confrères.
Lors de la mobilisation, il est reconnu apte au service armé (21 août 1914) et affecté au 106e régiment d’infanterie. Il s’engage volontairement dans le conflit. Le 24 septembre 1914, il est blessé une première fois près de Mailly par éclat d’obus ; il retourne au front peu de temps après. Il devient caporal en 1915 puis sergent en 1916.
En 1916, il est cité à l’ordre de l’armée comme toujours volontaire pour des missions périlleuses. Alors qu’il assurait le rôle de guetteur pendant un violent bombardement, il est blessé de nouveau par un schrapnel (obus à balles), mais « peu grièvement heureusement » écrira son frère Charles au Bâtonnier. Il quitte provisoirement le front des opérations pour être affecté à l’école des officiers de Valréas, où il attend de pouvoir repartir. Il sera promu sous-lieutenant en février 1917 et affecté au 117e R.I. puis au 35e R.I.
Le 10 octobre 1917, il est affecté au 372e R.I. et part combattre sur le front de l’Orient. Le 372e R.I. a été désigné en 1915 pour l’expédition de Salonique. En septembre 1917, ce régiment est cantonné sur le front albanais. Jean Fillion appartient alors à la 27e compagnie et s’illustre brillamment en enlevant sa section à l’attaque d’un village défendu par l’infanterie autrichienne et des irréguliers albanais, non sans l’aide d’une section d’artillerie de montagne. Il est d’ailleurs blessé deux fois dans cette même opération alors qu’il fait entourer une maison occupée par des comitadjis (insurgés), qui offraient une résistance acharnée.
A l’approche de l’hiver, le 372e R.I. occupe un secteur devant Progadec, au sud du pays. A part quelques petites attaques partielles, le régiment bénéficie jusqu’au mois de mai, d’une légère période de repos. Jean Fillion rentre d’ailleurs en France lors d’une permission et informe son Bâtonnier à qui il a rendu visite le 6 mars 1918 des dernières citations de l’armée dont son défunt frère et lui-même ont fait l’objet. « Je quitte Paris jeudi pour retourner en Albanie » écrit-il le 8 mars.
Au début du mois de juillet 2018, le 372e R.I. repousse les autrichiens du plateau de Bofnia. Dans ces assauts, qui ont permis la prise de Bérat par les Italiens qui opéraient en jonction avec les troupes françaises, le dimanche 7 juillet au soir, Jean Fillion est blessé et transporté à l’ambulance de Dusary. Il passe la nuit au poste de secours. Dans une lettre adressée à l’archiprêtre de Baugé, paroisse d’où est originaire Jean, le Chanoine Desgranges, aumônier militaire raconte ses derniers instants. Il rencontre Jean au poste de secours et l’accompagne à sa demande à un poste d’infirmerie avancée située au village de Dusari. La gravité de ses blessures ne leur a pas permis, au docteur Crozet et lui-même, de le transporter plus loin. Installé dans une chambre, il a voulu recevoir tous les sacrements, et même l’extrême-onction et la communion. Le lundi 8 juillet à une heure de l’après-midi « il a expiré entre mes bras ». Il venait d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Après une messe célébrée le 9 juillet, Jean Fillion, mort pour la France, ainsi qu’une dizaine d’autres camarades, a été inhumé dans un petit cimetière à Bitola (actuellement au sud-ouest de la Macédoine). « Sa tombe est au pied d’un grand arbre, à l’ombre d’une croix ».

Citations et décorations :

  • Cité à l’ordre n°22 de la 137e brigade : « Toujours volontaire pour les missions périlleuses, s’est offert pour assurer le service de guetteur pendant un violent bombardement ».
  • Citation à l’Ordre de l’Armée du 26 septembre 1916 « Jean Fillion, sous-lieutenant à la 27e compagnie du 372e Rt d’infanterie : engagé volontaire pour la guerre. Le 8 septembre 1917, a enlevé sa section avec un entrain irrésistible à l’attaque d’un village défendu par l’infanterie autrichienne et des irréguliers albanais, appuyés par une section d’artillerie de montagne. Blessé deux fois, au moment où il faisait entourer une maison occupée par des comitadjis et qui offrait une résistance acharnée ».
  • Chevalier de la Légion d’honneur et Croix de guerre avec palmes, le 9 juillet 1918 : « Chef de section d’un calme et d’un sang-froid extraordinaire. Blessé plusieurs fois déjà sur le front de France, a été blessé très grièvement lors des derniers combats, en entraînant sa section à l’assaut d’une position ennemie fortement organisée. Cette nomination comporte l’attribution de la croix de guerre avec palmes ».
FILLION Jean portrait bis  FILLION lettre au batonnier 1918  FILLION lettre aumonier
 
Jean Fillion est le frère cadet de Charles Fillion, avocat au barreau de Paris et mort pour la France le 31 août 1917.
Il effectue son service militaire en 1908 dans le Maine-et-Loire mais la commission spéciale d’Angers le réforme le 19 octobre 1909 pour « tuberculose pulmonaire et polyarthryte ».
Licencié en droit, il s’inscrit au stage en 1912. Après un passage chez l’avoué Delarue, Jean travaille avec son frère Charles. Les deux frères semblaient très proches, l’aîné n’hésitant pas à recommander son cadet à des confrères.
Lors de la mobilisation, il est reconnu apte au service armé (21 août 1914) et affecté au 106e régiment d’infanterie. Il s’engage volontairement dans le conflit. Le 24 septembre 1914, il est blessé une première fois près de Mailly par éclat d’obus ; il retourne au front peu de temps après. Il devient caporal en 1915 puis sergent en 1916.
En 1916, il est cité à l’ordre de l’armée comme toujours volontaire pour des missions périlleuses. Alors qu’il assurait le rôle de guetteur pendant un violent bombardement, il est blessé de nouveau par un schrapnel (obus à balles), mais « peu grièvement heureusement » écrira son frère Charles au Bâtonnier. Il quitte provisoirement le front des opérations pour être affecté à l’école des officiers de Valréas, où il attend de pouvoir repartir. Il sera promu sous-lieutenant en février 1917 et affecté au 117e R.I. puis au 35e R.I.
Le 10 octobre 1917, il est affecté au 372e R.I. et part combattre sur le front de l’Orient. Le 372e R.I. a été désigné en 1915 pour l’expédition de Salonique. En septembre 1917, ce régiment est cantonné sur le front albanais. Jean Fillion appartient alors à la 27e compagnie et s’illustre brillamment en enlevant sa section à l’attaque d’un village défendu par l’infanterie autrichienne et des irréguliers albanais, non sans l’aide d’une section d’artillerie de montagne. Il est d’ailleurs blessé deux fois dans cette même opération alors qu’il fait entourer une maison occupée par des comitadjis (insurgés), qui offraient une résistance acharnée.
A l’approche de l’hiver, le 372e R.I. occupe un secteur devant Progadec, au sud du pays. A part quelques petites attaques partielles, le régiment bénéficie jusqu’au mois de mai, d’une légère période de repos. Jean Fillion rentre d’ailleurs en France lors d’une permission et informe son Bâtonnier à qui il a rendu visite le 6 mars 1918 des dernières citations de l’armée dont son défunt frère et lui-même ont fait l’objet. « Je quitte Paris jeudi pour retourner en Albanie » écrit-il le 8 mars.
Au début du mois de juillet 2018, le 372e R.I. repousse les autrichiens du plateau de Bofnia. Dans ces assauts, qui ont permis la prise de Bérat par les Italiens qui opéraient en jonction avec les troupes françaises, le dimanche 7 juillet au soir, Jean Fillion est blessé et transporté à l’ambulance de Dusary. Il passe la nuit au poste de secours. Dans une lettre adressée à l’archiprêtre de Baugé, paroisse d’où est originaire Jean, le Chanoine Desgranges, aumônier militaire raconte ses derniers instants. Il rencontre Jean au poste de secours et l’accompagne à sa demande à un poste d’infirmerie avancée située au village de Dusari. La gravité de ses blessures ne leur a pas permis, au docteur Crozet et lui-même, de le transporter plus loin. Installé dans une chambre, il a voulu recevoir tous les sacrements, et même l’extrême-onction et la communion. Le lundi 8 juillet à une heure de l’après-midi « il a expiré entre mes bras ». Il venait d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Après une messe célébrée le 9 juillet, Jean Fillion, mort pour la France, ainsi qu’une dizaine d’autres camarades, a été inhumé dans un petit cimetière à Bitola (actuellement au sud-ouest de la Macédoine). « Sa tombe est au pied d’un grand arbre, à l’ombre d’une croix ».

Citations et décorations :

  • Cité à l’ordre n°22 de la 137e brigade : « Toujours volontaire pour les missions périlleuses, s’est offert pour assurer le service de guetteur pendant un violent bombardement ».
  • Citation à l’Ordre de l’Armée du 26 septembre 1916 « Jean Fillion, sous-lieutenant à la 27e compagnie du 372e Rt d’infanterie : engagé volontaire pour la guerre. Le 8 septembre 1917, a enlevé sa section avec un entrain irrésistible à l’attaque d’un village défendu par l’infanterie autrichienne et des irréguliers albanais, appuyés par une section d’artillerie de montagne. Blessé deux fois, au moment où il faisait entourer une maison occupée par des comitadjis et qui offrait une résistance acharnée ».
  • Chevalier de la Légion d’honneur et Croix de guerre avec palmes, le 9 juillet 1918 : « Chef de section d’un calme et d’un sang-froid extraordinaire. Blessé plusieurs fois déjà sur le front de France, a été blessé très grièvement lors des derniers combats, en entraînant sa section à l’assaut d’une position ennemie fortement organisée. Cette nomination comporte l’attribution de la croix de guerre avec palmes ».

Sources ODAP

  • Photographie de Jean Fillion.
  • Lettre de Charles Fillion au Bâtonnier le 23 juin 1916.
  • Lettre de Jean Fillion au Bâtonnier 8 mars 1918.
  • Copie de la lettre de l’aumônier Desgranges à l’archiprêtre de Baugé annonçant la mort de Jean Fillion, sans date.

Autres Sources

 

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