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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

Tél : 01 44 32 47 48

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

Dubarle photo
Dubarle Lettre du Bâtonnier Giroud
Dubarle lettre Andrieu
Dubarle priere
Le 9 juillet 1915, le nom de Camp Dubarle est donné au camp de la cote 700. Un monument, élevé par ses hommes, avec l’inscription : « A été frappé en sortant des tranchées de la cote 955 au moment où il entraînait ses chasseurs au cri de : Vive la France ! A été un modèle d'énergie et de force morale ».
Robert Dubarle est né dans une famille de robe, le 16 octobre 1881, à Tullens en Isère. Très attaché à sa région natale, il sera contraint de la quitter pour venir à Paris faire des études supérieures.
Epris de littérature, empreint d’une véritable spiritualité, il mènera de front une licence de philosophie, une licence de droit qu’il poussera jusqu’au doctorat.
Inscrit au Tableau le 25 novembre 1903, secrétaire de la Conférence, (3ème secrétaire de la promotion 1906-1907). Il sera également lauréat du prix Paillet. Mais l’Isère et les monts du Dauphiné seront toujours sa terre d’ancrage et c’est ainsi qu’en septembre 1908, il prend la décision de quitter Paris, démissionnant du Barreau. Il s’y réinscrira en 1912.
Deux ans plus tard, à 28 ans, il est élu brillamment député de Saint-Marcellin en Isère. Proche de Louis Barthou, il adhèrera, de façon raisonnée mais avec ténacité, à la loi dite des trois ans. Cette position prise sans réserve lui coûtera, en 1914, sa réélection.
Agé de 32 ans en aout 1914, marié et père de famille, il est mobilisé, volontaire, dès la déclaration de guerre. Le 9 août, il écrit à sa femme : « Je continue à commander ma compagnie à Grenoble et par-dessus le marché je suis deux fois par semaine juge au Conseil de guerre […]. J’avoue que pour le moment je suis un peu déçu. Cette vie de garnison, même active, me paraît bien monotone, comparée à ce que je rêvais […]» ; « … Dire que là-bas, sur la frontière, il doit avoir de si belles batailles et que je n’y suis pas ! ». .
Il demande à aller au front et quitte Grenoble en direction de l’Est, avec la 8e Compagnie comme lieutenant puis capitaine du 68e bataillon de chasseurs alpins : « l’heure est venue, disait-il, que je n’osais espérer, où chacun doit s’arracher à lui-même et vivre une vie nouvelle, silencieuse, héroïque ». Il remet alors à son père une enveloppe cachetée lui demandant de ne l’ouvrir qu’en cas de malheur ce qu’il fera, découvrant ainsi les écrits, récits, contes et poèmes que Robert Dubarle avaient tenu cachés.
Pénétré de la notion de devoir, du don de soi, il ne cessera, jusqu’à sa mort, d’écrire sur la Patrie et sur ce que l’on doit à cette dernière. Robert Dubarle, après avoir passé 9 mois et demi au front, après son frère André, après son beau-frère, le Commandant Chanzy, fut tué le 15 juin 1915 en Alsace à Metzral en tentant de reprendre une tranchée. La veille de sa mort, le 14 juin 1915, il écrivait : « ….Cette attaque de demain, à côté de l’inévitable émotion, me donne une sorte de joyeuse impatience et la fierté de faire mon devoir : combattre dans l’allégresse et mourir dans la victoire ! ». Mais, plus prémonitoire, il écrivait à son père, après la mort de son frère André : « Parmi mes frères, je prendrai ma place, je partagerai leur misère… et en tombant je me tournerai vers le ciel… ».
D’un courage extrême, surnommé d’ailleurs par son Colonel le « Bayard du 68e », il fut cité, le 20 novembre 1914 à l’Ordre du Corps d’Armée, le 7 février 1915 à l’Ordre de la Division, le 3 mai 1915 à l’Ordre de la Légion d’honneur, le 3 juin 1915 à l’Ordre du Bataillon et, le 10 juillet de la même année, après sa mort à l’Ordre de l’Armée. Et lorsqu’il apprend qu’il est proposé à la Légion d’honneur, il écrit à sa femme, heureux et fier, mais plein de modestie : « «Maintenant l’aurais-je ? Je n’ai pas été blessé et les blessés passent d’abord, ce qui est bien juste ». La Bibliothèque de l’Ordre conserve aujourd’hui un exemplaire de ses lettres de guerre éditées en 1918 ainsi qu’un exemplaire de ses écrits, trouvé dans son cabinet de travail après sa mort.

Citations et décorations :

  • 1° Cité à l'Ordre N°32, du XXIVe Corps d'Armée, du 20 novembre 1914 : 

    « A fait preuve de beaucoup d'énergie, de sang-froid et d'initiative dans les engagements des 19, 23, 25 octobre et 10 novembre. A été constamment pour ses hommes un vivant exemple de courage et d'impassibilité sous le feu ».

  • 2° Cité à l'Ordre de la Division, le 7 février 1915 : 

    « En travaillant jour et nuit, a réussi à créer en 48 heures à proximité immédiate de l'ennemi une organisation défensive remarquable ».

  • 3° Chevalier de la Légion d'honneur et Croix de guerre avec palme : 

    « Depuis le début de la campagne s'est toujours montré un chef courageux, énergique et avisé. A la prise d'une position ennemie très escarpée et couverte de neige, s'est particulièrement distingué en entraînant sa compagnie à l'assaut ».

    « A été d'un secours précieux pour le commandant du Bataillon en prenant le commandement de plusieurs fractions dont les chefs avaient été tués ou blessés, et a ainsi contribué à la réussite de l'assaut et de la poursuite. Pour prendre rang du 3 mai 1915 ».

  • 4° Cité à l'Ordre du Bataillon, le 3 juin 1915
  • 5° Cité à l'Ordre de l'Armée, le 10 juillet 1915 : 

    « Officier aussi valeureux que téméraire, déjà décoré sur le champ de bataille pour sa brillante conduite, est mort en faisant le geste de chef dont il avait toute la grandeur d'âme, entraînant, avec un absolu mépris du danger, sa compagnie à l'assaut d'une position ennemie fortement défendue, au cri de "En avant, pour la France" ».

  • Le nom de camp Dubarle a été donné au camp de la côte 700 (Massif du Schnepfenrieth)
Dubarle photo
Dubarle Lettre du Bâtonnier Giroud
Dubarle lettre Andrieu
Dubarle priere
Le 9 juillet 1915, le nom de Camp Dubarle est donné au camp de la cote 700. Un monument, élevé par ses hommes, avec l’inscription : « A été frappé en sortant des tranchées de la cote 955 au moment où il entraînait ses chasseurs au cri de : Vive la France ! A été un modèle d'énergie et de force morale ».
Robert Dubarle est né dans une famille de robe, le 16 octobre 1881, à Tullens en Isère. Très attaché à sa région natale, il sera contraint de la quitter pour venir à Paris faire des études supérieures.
Epris de littérature, empreint d’une véritable spiritualité, il mènera de front une licence de philosophie, une licence de droit qu’il poussera jusqu’au doctorat.
Inscrit au Tableau le 25 novembre 1903, secrétaire de la Conférence, (3ème secrétaire de la promotion 1906-1907). Il sera également lauréat du prix Paillet. Mais l’Isère et les monts du Dauphiné seront toujours sa terre d’ancrage et c’est ainsi qu’en septembre 1908, il prend la décision de quitter Paris, démissionnant du Barreau. Il s’y réinscrira en 1912.
Deux ans plus tard, à 28 ans, il est élu brillamment député de Saint-Marcellin en Isère. Proche de Louis Barthou, il adhèrera, de façon raisonnée mais avec ténacité, à la loi dite des trois ans. Cette position prise sans réserve lui coûtera, en 1914, sa réélection.
Agé de 32 ans en aout 1914, marié et père de famille, il est mobilisé, volontaire, dès la déclaration de guerre. Le 9 août, il écrit à sa femme : « Je continue à commander ma compagnie à Grenoble et par-dessus le marché je suis deux fois par semaine juge au Conseil de guerre […]. J’avoue que pour le moment je suis un peu déçu. Cette vie de garnison, même active, me paraît bien monotone, comparée à ce que je rêvais […]» ; « … Dire que là-bas, sur la frontière, il doit avoir de si belles batailles et que je n’y suis pas ! ». .
Il demande à aller au front et quitte Grenoble en direction de l’Est, avec la 8e Compagnie comme lieutenant puis capitaine du 68e bataillon de chasseurs alpins : « l’heure est venue, disait-il, que je n’osais espérer, où chacun doit s’arracher à lui-même et vivre une vie nouvelle, silencieuse, héroïque ». Il remet alors à son père une enveloppe cachetée lui demandant de ne l’ouvrir qu’en cas de malheur ce qu’il fera, découvrant ainsi les écrits, récits, contes et poèmes que Robert Dubarle avaient tenu cachés.
Pénétré de la notion de devoir, du don de soi, il ne cessera, jusqu’à sa mort, d’écrire sur la Patrie et sur ce que l’on doit à cette dernière. Robert Dubarle, après avoir passé 9 mois et demi au front, après son frère André, après son beau-frère, le Commandant Chanzy, fut tué le 15 juin 1915 en Alsace à Metzral en tentant de reprendre une tranchée. La veille de sa mort, le 14 juin 1915, il écrivait : « ….Cette attaque de demain, à côté de l’inévitable émotion, me donne une sorte de joyeuse impatience et la fierté de faire mon devoir : combattre dans l’allégresse et mourir dans la victoire ! ». Mais, plus prémonitoire, il écrivait à son père, après la mort de son frère André : « Parmi mes frères, je prendrai ma place, je partagerai leur misère… et en tombant je me tournerai vers le ciel… ».
D’un courage extrême, surnommé d’ailleurs par son Colonel le « Bayard du 68e », il fut cité, le 20 novembre 1914 à l’Ordre du Corps d’Armée, le 7 février 1915 à l’Ordre de la Division, le 3 mai 1915 à l’Ordre de la Légion d’honneur, le 3 juin 1915 à l’Ordre du Bataillon et, le 10 juillet de la même année, après sa mort à l’Ordre de l’Armée. Et lorsqu’il apprend qu’il est proposé à la Légion d’honneur, il écrit à sa femme, heureux et fier, mais plein de modestie : « «Maintenant l’aurais-je ? Je n’ai pas été blessé et les blessés passent d’abord, ce qui est bien juste ». La Bibliothèque de l’Ordre conserve aujourd’hui un exemplaire de ses lettres de guerre éditées en 1918 ainsi qu’un exemplaire de ses écrits, trouvé dans son cabinet de travail après sa mort.

Citations et décorations :

  • 1° Cité à l'Ordre N°32, du XXIVe Corps d'Armée, du 20 novembre 1914 : 

    « A fait preuve de beaucoup d'énergie, de sang-froid et d'initiative dans les engagements des 19, 23, 25 octobre et 10 novembre. A été constamment pour ses hommes un vivant exemple de courage et d'impassibilité sous le feu ».

  • 2° Cité à l'Ordre de la Division, le 7 février 1915 : 

    « En travaillant jour et nuit, a réussi à créer en 48 heures à proximité immédiate de l'ennemi une organisation défensive remarquable ».

  • 3° Chevalier de la Légion d'honneur et Croix de guerre avec palme : 

    « Depuis le début de la campagne s'est toujours montré un chef courageux, énergique et avisé. A la prise d'une position ennemie très escarpée et couverte de neige, s'est particulièrement distingué en entraînant sa compagnie à l'assaut ».

    « A été d'un secours précieux pour le commandant du Bataillon en prenant le commandement de plusieurs fractions dont les chefs avaient été tués ou blessés, et a ainsi contribué à la réussite de l'assaut et de la poursuite. Pour prendre rang du 3 mai 1915 ».

  • 4° Cité à l'Ordre du Bataillon, le 3 juin 1915
  • 5° Cité à l'Ordre de l'Armée, le 10 juillet 1915 : 

    « Officier aussi valeureux que téméraire, déjà décoré sur le champ de bataille pour sa brillante conduite, est mort en faisant le geste de chef dont il avait toute la grandeur d'âme, entraînant, avec un absolu mépris du danger, sa compagnie à l'assaut d'une position ennemie fortement défendue, au cri de "En avant, pour la France" ».

  • Le nom de camp Dubarle a été donné au camp de la côte 700 (Massif du Schnepfenrieth)

Sources ODAP

  • Portrait de Robert Dubarle
  • Prière de Souvenir
  • Lettre au Bâtonnier du Bâtonnier Giroud (23 juin 1915)
  • Lettre au Bâtonnier de Me Richard Andrieu (juin 1915)
  • Carte au Bâtonnier évoquant la mort de Félix Chautemps (24 janvier 1915)
  • Ecrits de Robert Dubarle, éditions des Belles-Lettres, Paris, 1922, sous le titre : « Paroles des vivants et des morts. Dialogues avec la douleur ».
    Extrait : Les Justiciers I
  • Notice lue par M. Marcel Pournin, Livre d’Or - Groupe des anciens Combattants du Palais - Tome 1 (1930)
  • Notice par M. Charles Chenu, Hommage aux Morts de la Guerre. Association amicale des Secrétaires et anciens Secrétaires de la Conférence des Avocats (1929)
Chautemps Carte de Robert Dubarle

Autres Sources

 

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