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Musée du Barreau

25 rue du Jour

75001 Paris

Tél : 01 44 32 47 48

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Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale a touché l’ensemble de la population française. Cet événement exceptionnel a suscité la rédaction de multiples documents d’archives personnelles : correspondances entre les soldats et leurs proches, carnets de croquis pris sur le vif au milieu des combats, souvenirs écrits après la guerre… Ces documents d’archives privées, auxquels s’ajoutent parfois des souvenirs familiaux, compléteront les collections du Musée..

Barth photo
Barth livre
Barth tabledesmatieres
Né le 27 mars 1887 à Paris, depuis son enfance, tout souriait à Jacques Barth, issu d’une grande famille de médecins et prédestiné à une existence brillante, intellectuellement riche, à un avenir prometteur.
Elève au Collège Stanislas puis au lycée Louis le Grand, il est un élève brillant apprécié de ses professeurs et objet de tous les éloges. Il avance aisément dans sa vie universitaire, licencié en lettres, docteur en droit, lauréat de l’école libre de Sciences politiques.
Les témoignages sont unanimes, c’était un bel homme aux yeux bleus « limpides », doté d’une élégance naturelle, intelligent, un esprit ouvert et une nature « franche et droite ».
Curieux, cultivé, il aimait voyager, parlait plusieurs langues, était passionné par ce que l’on appelle aujourd’hui la géopolitique. Au travers les conférences auxquelles il participa, les articles publiés dans la Revue des Sciences Politiques, on le voit prendre position sur les questions qui tourmentaient l’Europe et le monde colonial du début du siècle : l’Allemagne et l’Alsace Lorraine, la question d’Orient, la politique « indigène » en Algérie, l’Autriche et la crise balkanique, les évènements de Saverne, avec une vision et une analyse clairvoyantes des enjeux politiques.
Tous les choix lui étaient permis : avocat, carrière politique, diplomate. Cette dernière voie avait sa préférence, pourtant il y renonce pour ne pas s’éloigner de sa famille et s’inscrit au barreau en 1907.
Il est le secrétaire de Me Lavollée qui ne cachait pour lui ni son admiration, ni son affection. Il est élu secrétaire de la Conférence, promotion 2012-2013.
Pour autant, la fibre politique est toujours présente et il rejoint la Conférence Molé Tocqueville où il marque par son éloquence, la clarté de sa pensée et son érudition. Il entre dans le combat politique quelques mois avant le début de la guerre, un coup d’essai dans sa province de cœur, en Normandie, pour entamer une carrière que tous qualifiaient de prometteuse, même si cette 1ére expérience fut un échec, relativisé par son départ pour la guerre.
Le 1er aout 1914, il quitte la maison de campagne familiale de Pouvray (Orne) pour rejoindre son régiment. Officier de réserve au 315e RI, il doit patienter plusieurs semaines à l’arrière avant de rejoindre le front.
Lucide, il écrit à ses parents : « Je ne sais quand nous nous reverrons, la guerre menaçant d’être longue ».
A l’automne, il est désormais dans la Somme en 1re ligne sous les obus ennemis. Son frère René combat dans la même région. Dans les derniers jours d’octobre, il faut reprendre le village de Quesnoy en Santerre tenu par les Allemands qui l’avaient transformé en forteresse. Le lieutenant Barth reçut l’ordre de partir avec ses hommes qu’il entraina courageusement à l’assaut des mitrailleuses ennemies. Il fut tué d’une balle sous l’œil gauche le 30 octobre.
Aimé et admiré de ses hommes et des officiers qui l’ont côtoyé, nombreux sont ceux qui ont loué son courage et son dévouement. Son corps fut enterré non loin de là, à Erches. L’un de ses amis, Jules Ecorcheville, relate à son épouse en décembre 1914 la découverte de sa tombe. « En faisant la visite de mon poste, j’ai eu une bien douloureuse surprise. J’ai trouvé la tombe de Jacques Barth. Tu peux dire à ses parents qu’elle est très bien. Du bois forme une croix à plat, puis une autre croix en bois, verticale, couronnée de laurier, porte son nom. J’ai pris une fois de plus ma part de ce deuil qui nous touche tous et moi particulièrement qui suis ici précisément dans les tranchées qu’occupait le 315 ».

Citations et décorations :

  • Cité à l’ordre de la IIe Armée, en date du 13 novembre 1914 : « A fait preuve des plus belles qualités de bravoure et d’énergie, enlevant ses hommes à l’assaut des retranchements ennemis lors de la prise du Quesnoy le 30 octobre. A été tué à la tête de sa section à 10 mètres des mitrailleuses allemandes ».
  • Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, 16 juillet 1919.
  • Croix de guerre.
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Barth livre
Barth tabledesmatieres
Né le 27 mars 1887 à Paris, depuis son enfance, tout souriait à Jacques Barth, issu d’une grande famille de médecins et prédestiné à une existence brillante, intellectuellement riche, à un avenir prometteur.
Elève au Collège Stanislas puis au lycée Louis le Grand, il est un élève brillant apprécié de ses professeurs et objet de tous les éloges. Il avance aisément dans sa vie universitaire, licencié en lettres, docteur en droit, lauréat de l’école libre de Sciences politiques.
Les témoignages sont unanimes, c’était un bel homme aux yeux bleus « limpides », doté d’une élégance naturelle, intelligent, un esprit ouvert et une nature « franche et droite ».
Curieux, cultivé, il aimait voyager, parlait plusieurs langues, était passionné par ce que l’on appelle aujourd’hui la géopolitique. Au travers les conférences auxquelles il participa, les articles publiés dans la Revue des Sciences Politiques, on le voit prendre position sur les questions qui tourmentaient l’Europe et le monde colonial du début du siècle : l’Allemagne et l’Alsace Lorraine, la question d’Orient, la politique « indigène » en Algérie, l’Autriche et la crise balkanique, les évènements de Saverne, avec une vision et une analyse clairvoyantes des enjeux politiques.
Tous les choix lui étaient permis : avocat, carrière politique, diplomate. Cette dernière voie avait sa préférence, pourtant il y renonce pour ne pas s’éloigner de sa famille et s’inscrit au barreau en 1907.
Il est le secrétaire de Me Lavollée qui ne cachait pour lui ni son admiration, ni son affection. Il est élu secrétaire de la Conférence, promotion 2012-2013.
Pour autant, la fibre politique est toujours présente et il rejoint la Conférence Molé Tocqueville où il marque par son éloquence, la clarté de sa pensée et son érudition. Il entre dans le combat politique quelques mois avant le début de la guerre, un coup d’essai dans sa province de cœur, en Normandie, pour entamer une carrière que tous qualifiaient de prometteuse, même si cette 1ére expérience fut un échec, relativisé par son départ pour la guerre.
Le 1er aout 1914, il quitte la maison de campagne familiale de Pouvray (Orne) pour rejoindre son régiment. Officier de réserve au 315e RI, il doit patienter plusieurs semaines à l’arrière avant de rejoindre le front.
Lucide, il écrit à ses parents : « Je ne sais quand nous nous reverrons, la guerre menaçant d’être longue ».
A l’automne, il est désormais dans la Somme en 1re ligne sous les obus ennemis. Son frère René combat dans la même région. Dans les derniers jours d’octobre, il faut reprendre le village de Quesnoy en Santerre tenu par les Allemands qui l’avaient transformé en forteresse. Le lieutenant Barth reçut l’ordre de partir avec ses hommes qu’il entraina courageusement à l’assaut des mitrailleuses ennemies. Il fut tué d’une balle sous l’œil gauche le 30 octobre.
Aimé et admiré de ses hommes et des officiers qui l’ont côtoyé, nombreux sont ceux qui ont loué son courage et son dévouement. Son corps fut enterré non loin de là, à Erches. L’un de ses amis, Jules Ecorcheville, relate à son épouse en décembre 1914 la découverte de sa tombe. « En faisant la visite de mon poste, j’ai eu une bien douloureuse surprise. J’ai trouvé la tombe de Jacques Barth. Tu peux dire à ses parents qu’elle est très bien. Du bois forme une croix à plat, puis une autre croix en bois, verticale, couronnée de laurier, porte son nom. J’ai pris une fois de plus ma part de ce deuil qui nous touche tous et moi particulièrement qui suis ici précisément dans les tranchées qu’occupait le 315 ».

Citations et décorations :

  • Cité à l’ordre de la IIe Armée, en date du 13 novembre 1914 : « A fait preuve des plus belles qualités de bravoure et d’énergie, enlevant ses hommes à l’assaut des retranchements ennemis lors de la prise du Quesnoy le 30 octobre. A été tué à la tête de sa section à 10 mètres des mitrailleuses allemandes ».
  • Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, 16 juillet 1919.
  • Croix de guerre.

Sources ODAP

  • Portrait de Jacques Barth
  • « Jacques Barth 1887- 1914 » publié vers 1920 par ses parents. Collection Ordre des avocats de Paris.

Extrait : Du prétoire au champ d'honneur, de Gaston Deschamps

  • Notice par M. André Morin, Hommage aux Morts de la Guerre. Association amicale des Secrétaires et anciens Secrétaires de la Conférence des Avocats – 1929.

Autres Sources

Société historique et archéologique de l’Orne, 1915, p. 180

Revue politique et parlementaire, 10 juillet 1915, p. 319

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